En bref
- Une photo publiée sur les réseaux sociaux montre des vaches dans un champ fribourgeois sous 33 degrés, sans point d'ombre. L'internaute ayant publié l'image partage son inquiétude et propose son aide aux propriétaires. Le Service de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (SAAV) de Fribourg confirme recevoir régulièrement ce type de signalement et assure surveiller ces situations durant les canicules
- Selon l'Ordonnance sur la protection des animaux, les bovins doivent toujours avoir accès à un abri ou à une zone ombragée, même s'ils ne s'y réfugient pas systématiquement. Les vaches sont particulièrement sensibles à la chaleur, manifestant des signes de stress thermique dès 24 degrés
- Les vaches laitières en production nécessitent plus de 180 litres d'eau par jour en période de canicule. Des mesures comme des abris ombragés, des ventilateurs ou des brumisateurs sont recommandées pour préserver leur bien-être
«A qui sont ces vaches, sous 33 degrés, sans aucun point d'ombre?, s'affole une internaute, sur le réseau social Facebook. Je veux bien son numéro pour lui proposer des solutions afin d'éviter que ses animaux soient en souffrance.» Accompagnant cet appel, une photo présente plusieurs vaches debout en plein soleil, au coeur d'un champ fribourgeois asséché par la canicule. On les imagine facilement mourant de chaud, les pieds mordus par une herbe revêche et brûlante, sans la moindre solution pour les soulager.
En commentaires, les passions se déchaînent: certaines personnes conseillent à l'autrice du post de se mêler de ses affaires, tandis que d'autres partagent son inquiétude, demandant si le Service de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (SAAV) du canton a été informé de la situation. C'est manifestement le cas.
«Nous recevons régulièrement des signalements de ce type durant les périodes de canicule, confirme une porte-parole. Chaque annonce est examinée avec attention et fait l’objet des vérifications nécessaires. Dans la plupart des situations, les détenteurs d'animaux ont déjà mis en place ou mettent rapidement en place les mesures appropriées dans les jours qui suivent le début de l’épisode météorologique.»
Les vaches sont sensibles à la chaleur
Selon l'art. 36 de l'Ordonnance sur la protection des animaux (OPAn), les animaux domestiques ne doivent pas être exposés longtemps et sans protection à de fortes chaleurs: «Si les animaux ne sont pas reconduits à l’étable lors de conditions météorologiques extrêmes, ils doivent avoir accès à un abri naturel ou artificiel adéquat où ils peuvent se réfugier tous ensemble et en même temps, et se protéger de la pluie, du vent et d’un fort ensoleillement», peut-on lire. Le SAAV souligne, par ailleurs, qu'un accès constant à une zone ombragée doit être garantie, «même si les animaux ne l'utilisent pas systématiquement», préférant alterner ombre et soleil, selon leur envie.
Car d'après la Protection suisse des animaux (PSA), les vaches sont des animaux relativement sensibles à la chaleur, pouvant souffrir de stress thermique dès que la température atteint environ 24 degrés: «Parmi les signes indiquant cela, on peut citer notamment une fréquence respiratoire nettement accrue, une respiration haletante ou un halètement», indique un porte-parole.
180 litres d'eau par animal
A noter que les vaches laitières en production sont bien plus vulnérables, face à la chaleur. Si la PSA n'a pas eu connaissance du cas mentionné plus haut, elle rappelle que les bovins doivent pouvoir accéder «à tout moment» à de l'eau fraîche, en quantité suffisante, à une température aussi basse que possible.
«Leurs besoins en eau augmentent considérablement par temps chaud et peuvent largement dépasser les 180 litres par animal et par jour, poursuit notre interlocuteur. Il est tout aussi important de disposer de moyens efficaces pour rafraîchir les animaux, par exemple des zones ombragées dans les pâturages, des étables bien aérées, des ventilateurs ou d'autres mesures de rafraîchissement.» Comme les brumisateurs, par exemple, de plus en plus utilisés dans les exploitations modernes ou au sein des bâtiments hébergeant des vaches laitières.
Les vaches ne restent pas toujours à l'ombre
Le SAAV confirme effectivement que, lors des fortes chaleurs, les mécanismes physiologiques permettant aux bovins de réguler leur température corporelle (comme la transpiration) ne suffisent plus. «Dans les situations extrêmes et prolongées, lorsqu’aucune mesure corrective n’est prise, l’état général de l’animal peut se dégrader progressivement, poursuit la porte-parole du service. Celui-ci peut devenir apathique et ne plus s’alimenter, jusqu’à entraîner un état de faiblesse sévère, voire mettre sa vie en danger.» Le canton de Fribourg n'a toutefois jamais constaté ce type de situation.
«Dans la grande majorité des cas, les détenteurs d’animaux sont attentifs au bien-être de leurs troupeaux et prennent les mesures nécessaires lorsque les conditions météorologiques deviennent extrêmes», rassure notre interlocutrice. Celle-ci rappelle également qu'une photographie isolée ne reflète pas toujours l'ensemble de la situation: «Il arrive que des animaux aient accès à des zones ombragées mais choisissent néanmoins de rester temporairement en plein soleil, en fonction de leur comportement, des conditions locales ou de la présence de courants d’air.»
Or, lorsqu'une situation est jugée périlleuse et qu'un mangement à la législation est clairement établi, les autorités peuvent intervenir sur place: «Ces principes s’appliquent à l’ensemble des détenteurs d’animaux de rente», conclut la porte-parole du SAAV.