Des réparations toujours plus chères
Assurance auto: les primes suisses pourraient encore flamber en 2027

Après une hausse de 19% en cinq ans, les primes d'assurance automobile devraient encore augmenter en 2027, selon Comparis. Réparations toujours plus chères, dégâts dus à la grêle et véhicules bourrés de technologies: les automobilistes suisses n'ont pas fini de passer à la caisse.
Les assurances auto vont encore augmenter en 2027 pour les automobilistes suisses.
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Lucie FehlbaumCheffe de la rédaction Actualité de Blick Romandie

Les automobilistes suisses risquent une nouvelle mauvaise surprise en 2027. Après plusieurs années d'augmentations, leurs assurances auto devraient encore leur coûter plus cher. C'est ce qui ressort d'une enquête menée par le comparateur Comparis auprès des compagnies d'assurance suisses. Certains assureurs ont même déjà prévu des hausses pour leurs clients actuels.

Mais de quoi parle-t-on exactement? Contrairement à l'assurance maladie, qui fait régulièrement les gros titres, les primes d'assurance automobile passent souvent sous les radars. Il s'agit pourtant d'une dépense incontournable pour les propriétaires de voitures.

En Suisse, tout automobiliste doit au minimum souscrire une assurance responsabilité civile, qui couvre les dommages qu'il pourrait causer à autrui avec son véhicule. A cela peuvent s'ajouter des assurances casco partielle ou complète, destinées notamment à couvrir le vol, les dégâts naturels ou les dommages subis par sa propre voiture. Le montant payé chaque année pour ces couvertures constitue la prime d'assurance. Et cette facture ne cesse de s'alourdir.

Près de 20% de hausse en cinq ans

Selon les données de Comparis, les primes d'assurance auto ont augmenté d'environ 19% entre août 2021 et août 2026. Rien que sur les douze derniers mois de cette période, la hausse dépasse 7%.

Concrètement, pour une prime annuelle de 1000 francs en 2021, une augmentation de 19% représente 190 francs supplémentaires par année, soit une facture portée à 1190 francs. Un calcul illustratif, puisque les hausses réelles varient selon les contrats.

Et 2027 ne devrait pas apporter de répit. Si Comparis ne peut pas encore avancer de pourcentage précis, son enquête montre que certains assureurs préparent déjà de nouveaux ajustements.

Toutes les compagnies ne suivront toutefois pas nécessairement le même chemin. La Mobilière annonce notamment qu'elle ne prévoit pas d'augmentation générale pour ses clients dont les contrats restent inchangés. Les nouvelles souscriptions et les modifications de contrats peuvent en revanche entraîner des ajustements.

Helvetia, Smile, Generali, la Vaudoise et le TCS reconnaissent la pression exercée par la hausse des coûts, sans chiffrer pour l'instant leurs intentions pour 2027. AXA et Allianz ne communiquent pas de prévisions, invoquant le droit de la concurrence.

Des réparations qui coûtent une fortune

Qu'est-ce qui explique ces hausses constantes? Les assureurs pointent notamment le prix des pièces détachées, les factures des garages et les dégâts provoqués par les intempéries.

Une précédente analyse de Comparis donne une idée de l'ampleur du phénomène. Entre 2023 et 2025, le coût moyen des travaux de réparation sur une porte arrière a bondi de près de 46%. Pour les éléments latéraux de carrosserie, la hausse dépasse 41%. Quant aux ailes avant, leur réparation coûte plus de 32% de plus.

Autrement dit, des interventions courantes peuvent désormais peser nettement plus lourd sur les comptes des assurances. Et les voitures modernes compliquent encore la situation. Caméras, capteurs et dispositifs d'aide à la conduite rendent certaines réparations beaucoup plus coûteuses qu'auparavant. Un simple remplacement de pare-brise peut ainsi nécessiter un recalibrage des systèmes électroniques.

A cela s'ajoutent les événements météorologiques. Les violents épisodes de grêle, notamment ceux survenus à la fin août 2026, ont entraîné de nouveaux dégâts coûteux à indemniser. Et lorsque les assureurs dépensent davantage pour rembourser les sinistres, une partie de ces coûts finit par se retrouver dans les primes payées par leurs clients.

Les assureurs doivent aussi faire des efforts

Pour Harry Büsser, expert en assurances chez Comparis, les automobilistes ne doivent toutefois pas être les seuls à supporter ces augmentations. «Il est incontestable que les véhicules modernes sont plus compliqués à réparer. Mais l'évolution technique n'explique pas automatiquement toutes les hausses de prix», souligne-t-il.

Selon lui, les compagnies ont aussi un rôle à jouer. Elles doivent surveiller les factures des réparateurs et limiter les dépenses injustifiées, plutôt que de simplement répercuter leurs coûts sur les assurés.

45% ont payé plus cher, mais presque personne ne change

L'enquête de Comparis révèle aussi un paradoxe. Alors que les augmentations se multiplient, les Suisses restent étonnamment fidèles à leur assureur. En janvier 2026, 45% des automobilistes assurés interrogés déclaraient payer davantage qu'en 2025. Pourtant, seuls 6% avaient changé de compagnie.

Ceux qui ont franchi le pas n'ont pas forcément eu tort: parmi les personnes ayant changé d'assureur, environ une sur deux a économisé au moins 200 francs par an.

D'autres possibilités existent pour alléger la facture. Les propriétaires de véhicules anciens peuvent notamment examiner si une casco complète reste vraiment nécessaire. Accepter une franchise plus élevée ou renoncer au libre choix du garage peut également réduire la prime, moyennant certaines contreparties.

Après cinq années de renchérissement, les automobilistes suisses ont tout intérêt à regarder de près leur prochaine facture.

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