Les avocates des plaignants ont déclaré devant la Cour pénale neuchâteloise que les trois psychiatres ont «violé le devoir de prudence» en sous-estimant le danger d'un patient. Ce dernier s'était enfui de l'hôpital et avait agressé plusieurs personnes avec une hache.
«Les risques étaient connus, ou du moins devaient l'être, et étaient prévisibles. Aucune circonstance extraordinaire n'a rompu le lien de causalité», a déclaré jeudi l'avocate Allison Moreno. «Aucun élargissement du cadre de visite ne devait être autorisé, hors de l'unité fermée», a ajouté l'avocate Cloé Dutoit. «L'annonce de sa fugue à la police aurait dû avoir lieu dans les minutes et pas 1h30 plus tard». Selon elle, cela aurait permis certainement d'interpeller le patient à temps.
Le Tribunal de police de Neuchâtel avait acquitté le 13 décembre 2024 deux des trois médecins psychiatres. Le médecin-chef avait été condamné pour lésions corporelles par négligence à 35 jours-amende à 400 francs. Ce dernier et quatre plaignants sur cinq ont fait appel. L'audience se poursuit.