Soleil, plage et bruit des vagues. La Thaïlande est devenue un véritable eldorado pour les retraités. De plus en plus de Suisses réalisent leur rêve d'émigrer une fois la retraite arrivée. En 2024, plus de 10'700 personnes de nationalité suisse vivaient dans ce pays d’Asie du Sud-Est.
Mais s’installer à l’étranger pour ses vieux jours implique une réalité souvent occultée: beaucoup finissent aussi par y mourir. Et lorsque le décès survient loin de la Suisse, les démarches administratives et les questions pratiques – notamment le rapatriement du corps – deviennent un lourd fardeau pour les proches. Un défi humain, mais aussi institutionnel.
Les décès à l’étranger donnent du travail au DFAE
Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) est régulièrement sollicité par des familles confrontées à un décès hors de Suisse. En 2024, le DFAE est intervenu dans 321 cas, selon des chiffres communiqués à Blick. Un record. Quatre ans plus tôt, ils n’étaient que 133.
La tendance s’explique en partie par le vieillissement de la population. «Il y a toujours plus de personnes âgées», indique le DFAE. Des seniors souvent encore très mobiles, qui voyagent beaucoup – et qui sont donc plus exposés à des urgences médicales à l’étranger que les plus jeunes.
Parmi les retraités décédés hors de Suisse, près de la moitié étaient des Suisses établis en Thaïlande, précise l'autorité fédérale. «Le DFAE a apporté son soutien dans le cadre de recherches de parenté, afin que les proches puissent s'occuper de l'enterrement et des démarches administratives de la succession.»
Les proches doivent-ils payer pour cette aide?
Si des ressortissants suisses décèdent à leur domicile à l'étranger, ce sont en principe les autorités du pays de résidence qui sont compétentes. Si le DFAE fournit tout de même une aide, des frais sont alors facturés. C’est ce que précise une fiche officielle consacrée aux décès à l’étranger.
En revanche, lorsque des Suisses décèdent en dehors de leur pays de résidence – par exemple lors d'un voyage – l'assistance n'est pas payante. Le DFAE peut par exemple fournir une assistance pour l'enterrement à l'étranger ou pour l'envoi en Suisse si la famille a fait tout ce qui était raisonnablement possible. En outre, le DFAE est tenu d'informer les proches parents du décès, si cela n'a pas encore été fait.
Le DFAE veut sensibiliser davantage
Conscient des enjeux, le DFAE veut désormais renforcer la prévention. Des informations sont déjà disponibles sur son site internet, mais la nouvelle stratégie consulaire, adoptée par la Confédération en décembre, prévoit d’aller plus loin.
«On parle là de thèmes tels que les soins de santé, la prise en charge des personnes âgées nécessitant une assistance et les mesures organisationnelles en cas de décès», explique-t-on au DFAE.
Les Suisses de l'étranger à l'âge de la retraite donnent également beaucoup de travail à la Confédération. Certains tombent gravement malades, sont parfois atteints de démence et perdent leur capacité de discernement. Or, dans le pays de résidence, ils ne sont souvent pas suffisamment couverts. Dans de telles situations, les représentations suisses prennent le relais et offrent un soutien organisationnel, par exemple pour la réinscription en Suisse.