Poutine tire vraiment toutes les ficelles. Malgré ses efforts, la Suisse reste encore très dépendante au nucléaire russe, alerte Greenpeace dans un communiqué ce jeudi 28 mai. Axpo, le fournisseur d'électrictité numéro un en Suisse, a besoin d'uranim pour approvisionner les centrales de Beznau et Leibstadt, et pour ce faire, dépend fortement de Rosatom, l'entreprise publique à la tête du nucléaire russe.
«Choisir le nucléaire nous pousse dans les griffes de Vladimir Poutine au lieu de nous en libérer», assène Florian Kasser, expert des questions liées au nucléaire pour Greenpeace Suisse. Axpo a bien tenté de se tourner vers le Kazakhstan pour se fournir en combustible, mais la Russie reste incontournable.
D'une part, parce que l'uranium kazakh est acheminé via son territoire et arrive en Europe occidentale sur des navires russes. Le seul itinéraire alternatif possible est la Route Internationale de Transport Transcaspienne (TITR), géopoliquement risquée et logistiquement défaillante.
Comment sortir de l'impasse?
Ensuite, parce que la production de barres d'uranium implique de mélanger toutes les cargaisons, rendant leur traçabilité impossible. Et puis la Russie vend tellement d'uranium que les volumes russes rendent le pays incontournable pour la filière.
La Suisse n'est pas la seule à être dans l'impasse, car depuis le début du conflit en Ukraine, aucun pays n'a pris de sanction contre Rosatom. «Seule une transition vers un approvisionnement énergétique entièrement basé sur les énergies renouvelables nous permet de devenir pleinement indépendants et souverains dans ce secteur», préconise Florian Kasser.