Participation à la vie politique
Le fossé de confiance hommes-femmes s'accentue en Suisse

En Suisse, seules 45% des femmes font confiance à leur capacité de participer à la vie politique, contre 65% des hommes. Une étude de l'OCDE révèle des écarts de genre marqués, bien au-dessus de la moyenne des pays étudiés.
La Confédération affiche le plus fort taux de confiance politique malgré un fort écart de genre.
Photo: IMAGO/Xinhua
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ATS Agence télégraphique suisse

Dans la plupart des pays les femmes font moins confiance aux institutions que les hommes. Mais en Suisse, où le niveau de confiance institutionnel est le plus élevé d'une trentaine de pays de l'OCDE étudiés, cette différence de perception entre les genres est encore plus forte.

L'étude a été mandatée auprès de l'OCDE par le Bureau fédéral de l'égalité entre hommes et femmes. Elle documente pour la première fois l’ampleur du phénomène en Suisse, mettant en évidence des disparités significatives entre femmes et hommes dans plusieurs domaines. Elle doit alimenter les travaux pour définir de nouvelles mesures dans le cadre de la stratégie de l'égalité, indique mardi le Bureau de l'égalité.

Ecart entre les genres

Ainsi, en Suisse, 45% des femmes déclarent avoir confiance en leur capacité à participer à la vie politique, contre 65% des hommes. La différence apparaît aussi dans la participation politique: 26% des femmes indiquent ne participer à aucune activité politique, contre 17% des hommes. Cet écart de genre est presque deux fois plus élevé que la moyenne des pays de l'OCDE.

Des différences significatives apparaissent aussi dans la satisfaction envers les services publics: environ la moitié des femmes estiment que les autorités traitent les demandes d'aides de manière équitable, contre près des deux tiers des hommes. En ce qui concerne la confiance dans les processus décisionnels, l'écart est tout aussi notable. Moins de la moitié des femmes considèrent que le Parlement représente équitablement les intérêts des différentes régions et groupes de la population, contre près de six hommes sur dix, précise le Bureau dans un communiqué.

Des mesures

Ces écarts de confiance soulèvent des enjeux démocratiques, car ils influencent le recours aux services publics, la participation aux votations et l'adhésion aux réformes. Pour y remédier, l’étude formule plusieurs pistes d’action, dont celle de renforcer l’inclusion et la participation politique des filles et des femmes dès le plus jeune âge, ainsi que de collecter des données différenciées selon le genre, à l'image de cette étude.

Les résultats de cette dernière alimenteront ainsi les travaux en cours pour définir de nouvelles mesures dans le cadre de l'adaptation de la Stratégie fédérale de l'égalité 2030 conformément au mandat confié par le Conseil fédéral. Ils permettront d’orienter les mesures à venir sur la base de données probantes et de mieux ancrer la dimension de genre dans les politiques publiques fédérales, affirme le Bureau de l'égalité.

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