Les géant orange arrête les frais
Migros met fin à l'aventure allemande, un demi-milliard perdu

Avec la vente de la chaîne bio Tegut, Migros Zurich se retire définitivement d'Allemagne après 14 ans de présence. Cette aventure à l'étranger a coûté à la coopérative quelque 570 millions de francs.
1/7
Patrik Pörtig, patron de la coopérative Migros Zurich, a décidé d'arrêter les frais en Allemangne.
Photo: DR
RMS_Portrait_AUTOR_1058.JPG
Ulrich Rotzinger

Coup de théâtre chez le géant orange! Migros a décidé de se retirer d'Allemagne. Migros Zurich cède le groupe Tegut, qui comprend la chaîne de supermarchés bio du même nom, la boulangerie Herzberger et ses activités logistiques. Plus de 7400 employés répartis dans 340 magasins, le centre logistique et le siège social de Fulda, en Hesse, sont concernés. Selon Blick, les employés ont appris la nouvelle seulement 15 minutes avant sa diffusion dans les médias. 

Malgré des économies substantielles, qui ont permis de réduire de plus de moitié les pertes d'exploitation du groupe Tegut l'an dernier, la conjoncture en Allemagne a continué de se détériorer, entraînant une baisse des ventes, indique mercredi Migros Zurich dans un communiqué. «L'analyse approfondie de la situation a clairement démontré que, compte tenu de son positionnement spécifique et de sa taille relativement modeste, Tegut n'est pas économiquement viable à long terme dans ces conditions», explique la coopérative zurichoise.

Retrait total d'Allemagne

Patrik Pörtig, patron de Migros Zurich, évoque la pression concurrentielle en Allemagne: les discounters Aldi et Lidl sont des concurrents «extrêmement agressifs». De l’autre côté, on trouve les «très grands distributeurs» Edeka et Rewe. En tant qu’acteur régional de taille moyenne, Tegut ne pouvait pas rivaliser. «C’est pourquoi nous avons décidé de nous retirer complètement d’Allemagne», explique Patrik Pörtig à Blick.

Le marché alimentaire allemand était déjà extrêmement concurrentiel lorsque Migros Zurich y a fait son entrée fin 2012. «Nous sommes inextricablement liés. Mais nous sommes convaincus que Tegut et Migros sortiront renforcés de cette opération», avait déclaré à l'époque Jörg Blunschi, ancien PDG de Migros Zurich. 

Sous sa direction, Migros Zurich avait considérablement accéléré son expansion, notamment en Allemagne. Jörg Blunschi a ensuite été promu président du conseil d'administration de Migros Aare, poste qu'il a brusquement quitté en mars 2025, à l'âge de 64 ans. «La couverture médiatique continue de ses activités précédentes en tant que PDG de Migros Zurich a donné lieu à des attaques personnelles inacceptables contre Jörg Blunschi et sa famille, et a eu un impact négatif sur Migros Aare», a expliqué Migros Aare au sujet de son départ.

Une aventure d'expansion (très) coûteuse

L'aventure allemande de Migros Zurich s'avère être un véritable fiasco. «La fermeture de Tegut représente un coût considérable pour la coopérative», explique Patrik Pörtig. Aux provisions des trois années précédentes s'ajouteront plusieurs dizaines de millions cette année. En chiffres, depuis le rachat il y a quatorze ans, la coopérative a essuyé un total de 600 millions d’euros de pertes, soit 570 millions de francs. «La perte totale due à Tegut ne dépassera pas ce montant», assure Patrik Pörtig. 

L'enseigne Tegut va bientôt disparaître. Le géant de la distribution Edeka va acquérir une partie importante du groupe. Le montant de la transaction reste confidentiel. Parallèlement, Migros Zurich est en pourparlers avec d'autres acquéreurs potentiels afin de préserver un maximum de points de vente. «Nous sommes confiants de pouvoir vendre la grande majorité des magasins», affirme Patrik Pörtig.

Il a refusé de révéler à Blick le montant initialement déboursé par Migros Zurich pour l'acquisition de Tegut. Il a seulement indiqué que ce prix d'achat était inclus dans la perte totale de 570 millions de francs. Une fermeture définitive de Tegut aurait coûté bien plus cher à la coopérative. Des sources internes ont récemment évoqué un montant d'environ un milliard de francs. 

La date à laquelle le retrait définitif d'Allemagne dépendra de l'Office fédéral des cartels. Ce dernier examine actuellement les aspects de droit de la concurrence liés à cette opération.

Articles les plus lus