Les experts sont inquiets
Ce temps idyllique cache une mauvaise nouvelle

La Suisse profite d'un soleil printanier exceptionnel ce week-end avec jusqu'à 24°C à Genève et Sion. Mais le déficit de pluie inquiète les experts, qui alertent sur les risques accrus de sécheresse.
Des personnes profitent du soleil à la Tour-de-Peilz.
Photo: KEYSTONE
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Olalla Piñeiro TrigoJournaliste Blick

Des terrasses bondées, du monde bronzant au bord du lac, l'odeur des grillades qui émane déjà de certains balcons. La météo ensoleillée de ces derniers jours est exceptionnelle pour un mois d'avril, qui a tendance à être capricieux.

Ces conditions sont régies par l'anticyclone Uli, dont le centre se trouve au nord de l'Ecosse, explique MeteoNews. Résultat: malgré des matinées relativement fraîches et de la bise, le soleil est – et sera – au rendez-vous ces prochains jours.

Bientôt un changement

Ce samedi, les températures seront élevées dans l'ensemble du pays, surtout à Genève et Sion qui atteindront les 24°C. Lausanne, Neuchâtel et Porrentruy n'ont pas à rougir avec un pic à 22 degrés. Dimanche, le soleil continuera de briller en dépit de quelques épisodes nuageux, notamment dans la moitié orientale du pays. Le ciel de lundi sera plus dégagé, avec un regain de soleil. 

Mais ces conditions vont connaître une brève pause, les effets d'Uli se faisant ressentir, signale MeteoNews. Mardi, le ciel se couvrira, avec des risques d'averses et d'orages isolés. Mais c'est surtout mercredi que la bise fera son retour, apportant davantage de fraîcheur dans le nord de la Suisse. Le sud du pays connaîtra une météo instable, avec un risque accru d’averses. 

Un printemps trop sec

Si le soleil réjouit certainement nombreux d'entre vous, MeteoNews alerte sur ses conséquences. En effet, les météorologues s'inquiètent d'un printemps suisse «nettement trop sec», où la pluie fait défaut. Le déficit pluviométrique atteint les 40% pour l'ensemble du pays, et dépasse même les 60% dans certaines régions, comme en Valais.

Ce risque de sécheresse inquiète. Certains terrains doivent déjà être irrigués, tandis que les risques d'incendie ont fortement augmenté aux Grisons et au Tessin. L’enneigement en montagne reste par ailleurs inférieur à la moyenne. Cela explique pourquoi les niveaux des lacs et le débits des cours d’eau sont nettement inférieurs à la moyenne, bien que légèrement supérieurs à l'année dernière.

Une situation qui ne semble pas prête de se calmer, puisque peu de précipitations notables sont attendues au mois de mai. Si la situation reste similaire ces prochaines semaines, la production hydroélectrique pourrait chuter, tandis que les glaciers subiraient une fonte accélérée, aggravée par des températures élevées.

Cette situation ferait aussi peser un risque de pénurie d’eau dans plusieurs régions, notamment dans le Jura et les Alpes, avec des conséquences marquées sur les ressources hydriques.

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