Depuis le début de l'année et jusqu'à la mi-août, la Rega est intervenue à 323 reprises pour des accidents en montagne, soit 39 transports de patients de plus qu'à la même période l'an dernier. Une hausse qui pourrait s'expliquer par une fréquentation accrue des sommets, notamment pour l'alpinisme et l'escalade.
Mathias Gehrig, porte-parole de la Rega, n'a pas pu préciser les circonstances exactes à l'origine des accidents. «La raison pour laquelle une personne se retrouve en situation d’urgence n’a aucune importance pour nos équipages», a-t-il déclaré à l’agence de presse Keystone-ATS. Le beau temps pourrait toutefois avoir une influence sur le nombre d’interventions de la Rega.
D’une manière générale, le nombre d’interventions des hélicoptères reflète les conditions météorologiques, les habitudes de loisirs et les déplacements de la population ainsi que des touristes étrangers, a expliqué Mathias Gehrig. «Par beau temps, pendant les vacances ou le week-end, davantage de personnes sortent dans la nature et, par conséquent, le nombre d’accidents augmente.»
Le Club alpin suisse (CAS) ne dispose pas de chiffres actualisés. La collecte et l’analyse des données relatives aux urgences en montagne ont lieu en début d’année pour l’année écoulée, a précisé le CAS.
Moins de décès
Les statistiques de l’année écoulée font état d’une nette augmentation du nombre d’urgences, mais parallèlement d’une baisse du nombre de décès. En 2025, près de 4000 personnes ont dû être évacuées par les secours en montagne lors de la pratique de sports de montagne en Suisse. Cela représente environ 11% de plus que la moyenne des années 2020 à 2024. Dans le cadre des sports de montagne classiques, 98 personnes ont perdu la vie, soit le chiffre le plus bas de ces dix dernières années.
Le CAS a cité comme raison possible de cette augmentation des situations d’urgence la forte fréquentation de la montagne. Les chiffres records des nuitées en refuge en témoignent notamment. La situation devrait être similaire cette année. Jusqu’à fin juillet, les remontées mécaniques suisses ont ainsi enregistré une hausse significative de 7% du nombre de premières entrées par rapport à l’année précédente, en raison des «excellentes conditions météorologiques et de la chaleur».
Les glaciers s'effondrent
L’hiver peu enneigé, le printemps très chaud et les vagues de chaleur répétées depuis le début de l’été ont en partie rendu les conditions difficiles en haute montagne, comme l’a indiqué le CAS fin juillet. De nombreux glaciers sont déjà fortement déneigés: la couche de neige protectrice a fondu, laissant apparaître la glace nue. Les randonnées classiques en haute montagne peuvent dès lors s’avérer plus difficiles que les années précédentes.
A cela s’ajoutent les répercussions du dégel du pergélisol. Dans certaines régions, le risque de chutes de pierres augmente et certains tronçons de terrain sont devenus instables, selon le CAS.