Sur TikTok et Instagram, des jeunes exhibent leurs coups de soleil avec le hashtag «tanmaxxing», ou en français «maximisation du bronzage». Cette tendance sur les réseaux sociaux consiste à s’exposer délibérément au soleil, sans crème solaire. L'objectif? Obtenir une peau intensément rougie, aussi appelé le «look coup de soleil», espérant qu'une fois le coup de soleil passé, ils auront la peau bien dorée.
«Cette tendance est stupide. On ne peut pas faire plus bête», déplore Thomas Kündig, dermatologue à l’hôpital universitaire de Zurich. Selon lui, espérer qu’un coup de soleil permette d’obtenir un teint hâlé est une grossière erreur. «Le bronzage qui persiste après un coup de soleil est souvent irrégulier, il ressemble plutôt à des taches pigmentaires et ce n’est pas du tout l'effet recherché.»
L'impitoyable soleil de midi
Il existe deux types de rayons ultraviolets: les UVA et UVB, précise Thomas Kündig. Les UVA sont présents presque en permanence. A l'inverse, «les rayons UVB sont à ondes courtes et présents surtout vers midi, car c’est là que le soleil est à son zénith et qu’il brille directement sur nous», explique l’expert.
Ce sont précisément ces rayons UVB qui deviennent dangereux au long terme. «Ils sont la principale cause du cancer de la peau», affirme Thomas Kündig. Le plus insidieux, c’est que les conséquences ne se manifestent généralement pas immédiatement, mais seulement après plusieurs décennies. «J’aime bien comparer cet effet au tabagisme. Au début, cela ne fait pas grand-chose. On en paie le prix plus tard», explique le dermatologue. Les rayons UVB provoquent des dommages au niveau du matériel génétique des cellules cutanées. «Ces dommages persistent toute la vie. On ne peut pas revenir en arrière.»
La Suisse comme mauvais élève
Un coup d’œil aux statistiques suffit pour se rendre compte de la gravité de cette situation. «Le cancer le plus mortel chez les jeunes est le mélanome», explique Thomas Kündig. En termes de taux de mélanome, c’est-à-dire la proportion de cas de mélanome, la Suisse occupe la deuxième place mondiale, juste derrière l’Australie.
Thomas Kündig ajoute qu'il faut aussi prendre en compte un élément particulièrement déterminant pour les jeunes: le nombre de coups de soleil subis au cours de leur vie. «Selon une étude, les personnes ayant eu plus de cinq coups de soleil au cours de leur vie présentent un risque accru de mélanome.» C’est précisément pour cette raison que la tendance du «tanmaxxing» est dangereuse. «La seule chose que cela maximise, c’est le risque de cancer de la peau.»