En bref
- La Suisse enregistre 28'500 nouveaux cas de cancer de la peau chaque année, dont 3500 mélanomes. Ce cancer est le troisième plus fréquent dans le pays, amplifié par l'augmentation des heures d'ensoleillement et, indirectement, par le phénomène El Niño en 2026.
- Des communes genevoises, comme Lancy et Carouge, ont déposé un recours contre la loi sur les tenues de piscine, estimant qu'elle pourrait interdire les vêtements anti-UV. D'après les communes, ces vêtements sont jugés essentiels pour la protection contre les rayons solaires nocifs, notamment chez les enfants.
- La Ligue suisse contre le cancer recommande justement le port de vêtements anti-UV parmi ses mesures préventives, en plus de l'utilisation de crème solaire SPF 50 et l'évitement des expositions prolongées au soleil entre 11h et 15h. Chaque année, les mois de juin et juillet comptabilisent le plus d'heures d'ensoleillement, en Suisse.
À l'aube d'une canicule ces prochains jours et de l'été, avec ses promesses d'insouciance et de repos, on préférerait oublier que la Suisse présente l'un des taux de cancer de la peau les plus impressionnants du monde. Avec 28'500 personnes diagnostiquées chaque année, dont 3500 cas de mélanomes selon la Ligue suisse contre le cancer, il se hisse au troisième rang des cancers les plus fréquents, dans le pays.
Et les choses ne sont malheureusement pas près de s'arranger, puisque MétéoSuisse indique une augmentation constante des heures d'ensoleillement et, par conséquent, une exposition prolongée au rayonnement UV, d'année en année. D'autant plus que 2026 présente un facteur supplémentaire: le phénomène climatique El Niño, résultant d'une fluctuation des températures du Pacifique équatorial et pouvant provoquer des vagues de chaleur étouffantes sur l'ensemble du globe: des études ont démontré que les modifications dans la couverture nuageuse peut renforcer notre exposition aux rayons UV, augmentant le risque de brûlures.
«Le rayonnement solaire invisible ayant la plus petite longueur d'onde (rayonnement UV) ne représente que 4% du rayonnement solaire, mais il peut endommager les cellules de la peau et provoquer rapidement des brûlures cutanées et des lésions oculaires», précise MétéoNews.
Crème solaire, ombre et patience
Ainsi que le souligne la Ligue suisse contre le cancer, il est donc plus important que jamais de se protéger contre le soleil, et particulièrement durant les mois de juin et de juillet, qui enregistrent le plus grand nombre d'heures d'ensoleillement.
En effet, la seule manière de se prémunir du cancer de la peau, est la vigilance: l'ombre, la crème solaire SPF 50 (avec un label UVA et appliquée généreusement, le port de vêtements et la patience (en attendant les coups de 15h pour s'exposer) restent donc nos meilleurs alliés face à ce risque. Les enfants, particulièrement vulnérables aux rayons UV, sont encore plus concernés: d'après le portail suisse d'information consacré au mélanome, l'enfance et l'adolescence sont considérées comme «la phase décisive»
«Les parties du corps couvertes par des vêtements restent protégées de manière constante tout au long de la journée, indique Joëlle Jufer, spécialiste de la prévention à la Ligue suisse contre le cancer, dans un communiqué de presse. Une bonne protection est assurée, par exemple, par un T-shirt couvrant les épaules et un chapeau à larges bords qui protège également le front, le nez, les oreilles et la nuque. Pour les jeunes enfants, nous recommandons des vêtements avec protection UV».
À Genève, des recours pour autoriser les vêtements anti-UV
Ce dernier conseil prend une ampleur toute particulière dans le canton de Genève, qui vient juste d'adopter une loi sur les tenues autorisées au sein des piscines publiques. Surnommé «loi burkini», le texte affirme que «les seules tenues autorisées dans les bassins sont les maillots de bain une ou deux pièces dont la longueur maximale arrive au-dessus des genoux et laissant les bras nus».
Estimant que cette description pourrait suggérer l'interdiction des vêtements anti-UV, les communes de Lancy, Carouge, Meyrin et Genève ont déposé un recours le 15 juin 2026. «Les vêtements anti-UV constituent un moyen de prévention reconnu contre les effets nocifs du soleil et participent à la lutte contre les cancers de la peau, dont la fréquence ne cesse d'augmenter en Suisse, souligne un communiqué. Ils sont particulièrement recommandés pour les jeunes enfants ainsi que pour les personnes présentant des facteurs de risque spécifiques.»
Les quatre communes reprochent d'ailleurs au Grand Conseil genevois de n'avoir mené aucune consultation préalable, avant l'adoption de la loi: «Indépendamment de l’objectif initial de la loi, celle-ci ne devrait pas conduire à empêcher des mesures de protection sanitaire largement reconnues et encouragées», martèlent-elles.
Pour Corinne Gachet, conseillère administrative en charge des sports pour la Ville de Lancy, «interdire à un enfant ou une personne ayant une maladie cutanée de se protéger du soleil au nom d’une loi est une aberration.»