Durant la seconde quinzaine de juin, la Suisse a étouffé sous un anticyclone persistant. Cette vague de chaleur historique a duré douze jours dans le nord du pays. Des records historiques ont été enregistrés dans 19 stations de mesure.
Pour rappel, «une journée de canicule» dépasse les 30 degrés et si elle se répète pendant trois jours d'affilée, on parle alors de vague de chaleur. Une zone de haute pression est un phénomène météo normal. En revanche, ces vagues de chaleur torrides en juin sont une conséquence du changement climatique.
D'ailleurs, les journées de canicule et les vagues de chaleur ne sont pas des phénomènes nouveaux. «Elles ont toujours existé», explique Reto Knutti, physicien du climat à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ). Mais à cause du changement climatique, cette situation de base s'est tellement modifiée que les températures ont augmenté de près de 3 degrés en Suisse. «De ce fait, le seuil de canicule est franchi plus souvent et il est moins fréquemment interrompu.»
«Chaque vague de chaleur est liée à la météo»
En d'autres termes, «environ 80% de ce phénomène s’explique par le fait que nous sommes exposés aux mêmes conditions météorologiques dans un monde plus chaud», décrypte Reto Knutti. A l’avenir, cette vague de chaleur de juin ne sera donc pas une exception, mais une nouvelle norme.
Et les 20% restants? Ils sont dus aux conditions météorologiques. Car même dans un monde plus chaud, des conditions spécifiques restent nécessaires pour qu’une vague de chaleur se produise. «Chaque vague de chaleur est liée aux conditions météorologiques», précise Reto Knutti. «Pour cela, il faut un anticyclone.»
Mais la météo aussi est en train de changer. On observe une tendance à la hausse des anticyclones dits «bloqués». «Ceux-ci se fixent particulièrement longtemps, et deux ou trois jours ensoleillés se transforment soudainement en une période de dix jours de beau temps», explique Reto Knutti.
Les experts cherchent encore à comprendre pourquoi ces anticyclones s’installent si obstinément au-dessus de nos têtes. Toutefois, les fortes chaleurs actuelles seraient souvent liées au mauvais temps au-dessus de l’Atlantique oriental.