Suite aux débordements survenus dans la nuit de samedi à dimanche à Zurich lors d'une manifestation non autorisée, les critiques ont fusé au parlement cantonal. Le groupe UDC exige d'étudier la possibilité de transférer la police municipale à la police cantonale.
Au parlement cantonal, le chef de groupe UDC a fustigé lundi le fait que la police municipale n'ait signalé aucune arrestation après une «nuit d'émeutes insensée». Un transfert à la police cantonale permettrait de disposer d'une police agissant de manière unie et faisant respecter la loi et l'ordre avec rigueur, selon la formation.
Le parti a appelé la responsable municipale de la sécurité Karin Rykart (les Vert-e-s) à «prendre clairement position et apporter à la police le soutien nécessaire». «Nous attendons désormais une répression sans concession», a ajouté le chef du groupe UDC.
Les Vert-e-ont eux aussi condamnés les débordements «avec la plus grande fermeté». Pour eux, il existe d’autres moyens de faire valoir des revendications légitimes, par exemple en adhérant à un mouvement de jeunesse ou en participant à des manifestations pacifiques. Le PLR a, lui, reproché à la Ville de tolérer des occupations illégales.
Deux arrestations à Zurich
Samedi soir, des manifestations non autorisées à l'appel «On en a marre – en Suisse aussi» ont été émaillées de violences à Zurich et à Bâle. Sur les bords de la Limmat, des protestataires – certaines portant des masques d'Halloween – ont érigé des barricades dans les rues, incendiant des poubelles et une voiture. Ils s'en sont pris aux patrouilles avec des engins pyrotechniques et des pierres.
Les forces de l'ordre ont fait usage de canons à eau, gaz lacrymogène et balles en caoutchouc. La police cantonale zurichoise a arrêté deux Suisses, âgés de 19 et 21 ans, en possession d'armes et de matériel permettant de se dissimuler le visage. Elle a par ailleurs prononcé 18 mesures d'éloignement.
Recours contre la nouvelle loi
En dépit des débordements et dégâts matériels, il n'est pas certain que les émeutiers zurichois passeront à la caisse. Entrée en vigueur début 2026, la révision de la loi cantonale sur la police est toujours suspendue à un recours devant le Tribunal fédéral déposé par les Juristes démocrates de Zurich.
La nouvelle législation soumet toutes les manifestations à autorisation et permet de facturer les «interventions extraordinaires de la police» aux auteurs de vandalisme. Ce contre-projet à une initiative UDC dite «anti-casseurs» a été adopté dans les urnes en mars 2024.
A Bâle-Ville, les citoyens ont balayé fin septembre une autre initiative UDC «anti-casseurs», visant à faire payer aux «fauteurs de troubles» les frais de police et les dégâts. Les opposants ont fait valoir que la loi actuelle offrait déjà les outils pour sanctionner les comportements répréhensibles.