«Les shorts, c'est pour le week-end»
L'assureur Swiss Re énerve ses employés avec ses recommandations vestimentaires

Fin juin, l'assureur Swiss Re a envoyé un message à ses employés contenant des recommandations vestimentaires. Une remarque adressée aux «collègues masculins» concernant le port du short, même en cas de chaleur, a déplu à certains employés.
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Chez Swiss Re, situé sur le Mythenquai à Zurich, les employés masculins ne peuvent pas se présenter en short.
Photo: Keystone
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Bernadette Hogg

Avec la canicule de ces dernières semaines, de nombreux salariés suisses ont dû transpirer dans des bureaux sans climatisation. Face à cette vague de chaleur, la question qui taraude donc nombre d'employés est la suivante: comment s'habiller pour aller travailler? 

C'est dans ce contexte que Gianfranco Lot, directeur général de la branche suisse de Swiss Re, a envoyé un e-mail aux employés zurichois de cette société de réassurance. Dans le courriel, Gianfranco Lot leur donne des conseils pour rester au frais pendant cet été caniculaire. Mais le message du patron n'a pas du tout été du goût de tout le monde, comme le révèle le portail économique Tippinpoint.

Certains collaborateurs masculins n’ont pas apprécié un paragraphe en particulier: «Habillez-vous confortablement, mais veillez à conserver une apparence professionnelle. Privilégiez les tissus légers et respirants (et à l’attention de mes collègues masculins: les shorts sont réservés au week-end…)», peut-on lire dans l’e-mail.

En clair: les shorts ne sont pas autorisés, car ils sont «réservés au week-end». Le message ne mentionnait aucune consigne vestimentaire pour les femmes. Contacté par Blick pour d'éventuelles précisions, le réassureur n'a pas répondu à nos sollicitations.

Les codes vestimentaires stricts sont dépassés

Si ce rappel à l'ordre a suscité une telle grogne en interne, c'est aussi parce que Swiss Re ne possède aucun règlement officiel sur l'habillement. De manière générale, seules quelques entreprises suisses du secteur des assurances et de la banque appliquent encore des codes vestimentaires stricts, comme le montrent les retours obtenus par Blick auprès des principaux acteurs de la place, restés anonymes.

Pendant longtemps, la grande banque UBS a imposé un guide de plus de quarante pages qui allait jusqu'à dicter la couleur des sous-vêtements. Depuis 2019, les collaborateurs de cette grande banque ne sont toutefois même plus tenus de porter une cravate. En 2024, la Banque cantonale de Zurich (ZKB) a été l'une des dernières à assouplir ses règles: le look d'affaires classique a laissé place aux chinos et aux baskets blanches, une tenue devenue uniforme pour les hommes comme pour les femmes.

Par forte chaleur, les conseillers à la clientèle ne sont toutefois pas tenus de respecter strictement le code vestimentaire: «Lors de journées très chaudes, celui-ci peut être adapté en fonction de la situation – par exemple en renonçant à porter une veste ou un blazer», explique un porte-parole de la banque à Blick.

Les compagnies d’assurance misent sur le «smart casual»

Du côté de l'assureur-maladie Helsana, c’est également le style «smart casual» qui est à la mode. «La tenue doit être professionnelle, respectueuse et adaptée à la situation de travail», déclare un porte-parole à Blick. Le plus grand assureur maladie suisse formule à cet effet des recommandations concernant les chaussures, la longueur des pantalons et les hauts adaptés au quotidien au bureau. «Il s’agit expressément de lignes directrices et non de règles contraignantes», précise-t-il.

Helvetia Baloise fait la distinction entre les différents domaines d’activité de ses collaborateurs. «Par exemple, au sein de Baloise Bank, dans la gestion d’actifs ou dans les activités dédiées aux entreprises, on privilégie plutôt une tenue formelle, tandis que dans les services administratifs ou dans le suivi de la clientèle privée, il est tout à fait possible d’opter pour des tenues plus décontractées», explique un porte-parole de l’assureur.

La responsabilité individuelle est de mise

Aujourd'hui, imposer des règles rigides n'est définitivement plus dans l'air du temps. Chez l’assureur AXA, on mise sur la responsabilité individuelle: «Chez AXA Suisse, nous renonçons à un code vestimentaire, car l’expérience montre que nos collaborateurs s’habillent de manière correcte et soignée même en l’absence de règles contraignantes», explique une porte-parole.

Raiffeisen Suisse laisse également le choix à ses collaborateurs: «Nous faisons confiance à la responsabilité individuelle de nos collaborateurs pour s’habiller de manière appropriée», déclare un porte-parole. Seuls les différents établissements bancaires peuvent avoir des règles différentes, car ils agissent de manière indépendante.

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