Environ une semaine après le début de la guerre en Iran, les premières compagnies aériennes de la région du Golfe ont partiellement repris leurs vols vers Zurich. Cependant, des milliers de voyageurs suisses sont toujours bloqués dans la région.
La compagnie aérienne Emirates a effectué jeudi soir un premier vol entre Dubaï et Zurich, a indiqué vendredi le centre de contrôle de l'aéroport de Zurich à Keystone-ATS. Un avion bloqué à Zurich avait auparavant regagné Dubaï sans passagers. Un appareil de Qatar Airways se trouvait en revanche toujours à Zurich.
Etihad Airways souhaitait également reprendre ses vols. Un avion en provenance d'Abu Dhabi devrait atterrir vendredi soir à Zurich. Pour l'instant, une rotation quotidienne en soirée avec un Boeing Dreamliner est prévue, a indiqué l'aéroport de Zurich. Normalement, la compagnie aérienne dessert cette ligne trois fois par jour. La décision de reprendre les vols a été prise après un contrôle de sécurité approfondi, a déclaré Etihad.
Des milliers de Suisses bloqués
En accord avec le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), la compagnie aérienne Edelweiss a augmenté la capacité de ses vols réguliers de samedi entre Mascate et Salalah et Zurich. Le DFAE examine d'autres options pour venir en aide aux ressortissants suisses bloqués, a-t-il indiqué.
Un premier vol spécial de Swiss avec 211 voyageurs suisses en provenance de Mascate a atterri jeudi après-midi à Zurich. Il n'y a actuellement aucun projet concret pour un autre vol spécial, a déclaré Swiss.
Selon le DFAE, environ 5200 personnes sont enregistrées dans l'application Travel Admin. L'ambassade de Suisse à Téhéran reste ouverte, a indiqué le DFAE. Six collaborateurs suisses et 18 collaborateurs locaux continuent d'y travailler. Quatre collaborateurs suisses avaient déjà quitté l'Iran le 3 mars. L'Italie a temporairement fermé son ambassade jeudi.
Swiss table sur des incertitudes
La guerre en Iran a également été abordée lors de la conférence de presse de Swiss sur son bilan. Ses conséquences ne peuvent pas encore être pleinement évaluées, ont déclaré les responsables à Kloten (ZH). En raison de la fermeture des espaces aériens, il ne reste actuellement que deux couloirs aériens étroits vers l'Asie, l'un passant par la Turquie et l'Azerbaïdjan, l'autre par l'Arabie saoudite. Les bombardements du territoire azerbaïdjanais suscitent l'inquiétude.
Les répercussions financières d'une semaine de guerre sont également difficiles à chiffrer. La demande de billets d'avion vers l'Asie a augmenté en raison de la suppression des vols des compagnies aériennes du Golfe, ce qui a entraîné une hausse des prix des billets. Dans le même temps, les vols vers Tel Aviv et Dubaï ont été supprimés. Le prix du carburant a augmenté de 50 % depuis la semaine dernière. S'il reste au niveau actuel, cela pourrait coûter à Swiss plusieurs centaines de millions de francs supplémentaires.
Bateaux de croisière aussi touchés
La guerre et la fermeture du détroit d'Ormuz ont également des répercussions sur la navigation civile. Plusieurs bateaux de croisière n'ont pas poursuivi leur voyage, dont le «MSC Euribia» de la compagnie suisse MSC. Environ 1500 passagers à bord sont restés bloqués à Dubaï.
Sept vols avec des passagers avaient déjà décollé vendredi matin, selon MSC Cruises. Des vols affrétés ont été organisés et des places ont été réservées sur des vols réguliers. «Nous avons encore quelques passagers à bord, mais nous travaillons d'arrache-pied pour assurer leur départ en toute sécurité de la région», a déclaré Pierfrancesco Vago, directeur général de MSC Cruises. Au moins deux autres navires de croisière de Tui Cruises étaient également bloqués dans la région.
L'EPER élargit son aide humanitaire
Dans un communiqué publié vendredi, l'Entraide protestante suisse (EPER) indique que plus d’un millier de personnes ont été tuées la semaine dernière dans les conflits. Présente au Liban avec son partenaire Najdeh, l’EPER a étendu ses programmes pour soutenir les personnes déplacées, notamment les femmes et les enfants. L’organisation appelle à la fin des combats, au respect du droit international humanitaire et lance un appel aux dons pour répondre aux besoins urgents.