Comment Donald Trump parviendra-t-il à se sortir de ce guêpier? Après une vraisemblable violation de l'accord de cessez-le-feu par l'Iran, qui a ouvert le feu sur un pétrolier dans le détroit d'Ormuz, le président américain a ordonné le bombardement de positions iraniennes.
En s'engageant de la sorte contre Téhéran, le président américain a engagé son pays dans une aventure à l'issue des plus incertaines. Pour s'en extirper, il place désormais ses espoirs dans un protocole d'accord (MOU, pour Memorandum of Understanding), une déclaration d'intention conclue par Téhéran et Washington en vue d'une éventuelle paix.
Si le président l'a signé à Versailles, c'est au Bürgenstock, sur les hauteurs du lac des Quatre-Cantons, qu'ont débuté les négociations techniques en vue d'un accord définitif. Un choix qui offre un coup de projecteur bienvenu à une place diplomatique suisse passablement bousculée ces derniers temps, d'autant que la concurrence s'annonçait féroce en coulisses.
Un sommet tous frais payés
De la Scandinavie à l'Autriche, en passant par la Turquie et Oman, les pays disposés à accueillir ces discussions étaient pourtant nombreux. Si la Suisse a finalement remporté la mise, elle le doit en grande partie au Qatar.
La raison? La monarchie pétrolière du Golfe persique, propriétaire du complexe hôtelier de luxe du Bürgenstock, a tout intérêt à promouvoir son établissement à l'échelle internationale.
Selon les informations de Blick, Doha a même décidé de prendre en charge l'intégralité de la facture. Celle-ci englobe non seulement les frais d'hébergement et de restauration, mais aussi les dédommagements de clients décommandés à la dernière minute et relogés dans d'autres établissements de luxe.
Zéro impact pour le contribuable
Contacté, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) confirme que Berne n'aura pas à passer à la caisse: «La Suisse n'a assumé aucun coût lié à la logistique, aux nuitées ou à l'organisation au sein du complexe du Bürgenstock.» Le Pakistan, qui officie comme médiateur, est également épargné.
Seuls les frais de sécurité restent à la charge de la Confédération et des cantons. Une opération sans conséquence pour le contribuable, puisqu'il ne s'agit que de réaffectation de ressources déjà existantes.
Nouveau round prévu en Suisse
De quoi réjouir le conseiller national du Parti libéral-radical (PLR) Hans-Peter Portmann, président du groupe parlementaire d'amitié Suisse-Qatar: «Aujourd'hui, nous coopérons mieux avec les Etats du Golfe comme le Qatar, les Emirats arabes unis, l'Arabie saoudite et le Koweït. Ces pays sont plus fiables que, par exemple, nos voisins européens.»
Grâce à cette manœuvre, le Qatar s'offre une vitrine prestigieuse tout en garantissant un taux d'occupation maximal au sein de son complexe hôtelier. Côté suisse, l'histoire semble loin d'être terminée: comme l'a révélé publiquement le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, les discussions devraient se poursuivre la semaine prochaine, à nouveau en territoire helvétique.