A cause de la guerre en Iran, le prix de l'essence a augmenté
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Le prix augmente déjà:Le litre d'essence pourrait coûter deux francs à cause de la guerre en Iran

Le coup de gueule d'un élu PS
«Cette arnaque sur les prix de l’essence doit cesser!»

La guerre au Moyen-Orient fait flamber le prix du carburant jusqu'en Suisse. Benoît Gaillard, conseiller national PS, craint que les firmes pétrolières tentent d'en profiter.
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La guerre en Iran entraîne une hausse des prix du pétrole qui se répercute sur les consommateurs.
Photo: keystone-sda.ch
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Ruedi Studer

La guerre en Iran provoque de grosses turbulences sur les marchés pétroliers qui se ressentent jusque dans nos stations-services. Les prix de l’essence et du diesel ont en effet augmenté de façon considérable ces derniers jours.

Selon le TCS, le prix moyen de l’essence sans plomb 95 était de 1,61 franc le litre début février, contre 1,79 franc aujourd’hui. Le prix du diesel s'est quant à lui envolé, passant de 1,73 à 1,99 franc.

Dans les jours à venir, les prix des carburants devraient continuer à grimper et pourraient même bientôt franchir la barre des 2 francs. Dans certaines stations-service, la barre des 2 francs le litre de diésel a d'ores et déjà été franchie.

Un phénomène connu des automobilistes

«De nombreux automobilistes qui font la navette quotidiennement sont choqués par cette hausse des prix», déclare à Blick le conseiller national du Parti socialiste (PS) Benoît Gaillard. «L’augmentation des coûts réduit le pouvoir d’achat, nous devons donc examiner de près si ces hausses sont justifiées», ajoute l'élu vaudois.

Benoît Gaillard soupçonne les compagnies pétrolières et les intermédiaires de vouloir profiter de la crise pour gonfler leurs marges. «Ces chocs tarifaires sur les marchés mondiaux sont souvent utilisés pour accroître les marges», explique-t-il.

En économie, ce phénomène est connu sous le nom d'effet «Rockets and Feathers». Autrement dit: les prix s'envolent comme des fusées, mais chutent aussi lentement que des plumes, une fois la crise. «Cela leur permet de réaliser des bénéfices excessifs», s'insurge Benoît Gaillard. «Cette arnaque sur les prix de l’essence doit cesser.»

Le Conseil fédéral sommé d'agir

L'élu socialiste a donc décidé de demander au Conseil fédéral d’observer attentivement, par l'intermédiaire de la surveillance des prix et de la loi sur les cartels, si des bénéfices excessifs étaient réalisés au détriment des consommateurs.

Il se réfère notamment à la France et à l’Allemagne, où les autorités ont d'ores et déjà prévu de mener des contrôles ciblés. «Il faut maintenant une task force sur les prix de l’essence pour prévenir les abus», propose Benoît Gaillard. «La guerre en Iran ne doit pas être utilisée pour exploiter les consommateurs suisses.»

Le Conseil fédéral doit agir

Pour inciter le Conseil fédéral à agir vite, le Vaudois a déposé deux interventions. Dès lundi, l'exécutif devra répondre à l'une de ses questions orales et expliquer comment il compte empêcher les bénéfices excessifs au détriment des consommateurs et s’il prévoit des contrôles renforcés.

Par le biais d’une interpellation, il exige également du Conseil fédéral qu'il apporte des précisions au sujet de son analyse de l’évolution asymétrique des prix. L'élu vaudois souhaite aussi savoir comment le gouvernement compte empêcher que les consommateurs financent une hausse des bénéfices des compagnies pétrolières. Enfin, il réclame des mesures pour assurer une plus grande transparence au niveau de la fixation des prix.

L'Union démocratique du Centre (UDC) propose une autre approche en suggérant de réduire les prix de l’essence en renonçant à une partie de la taxe sur les huiles minérales. Une idée que rejette Benoît Gaillard: «Cela signifierait que l'Etat – donc les contribuables – subventionnerait des prix de carburant plus bas, tandis que les compagnies augmenteraient leurs marges», explique le Vaudois. Je préfère m’attaquer aux profits des compagnies pétrolières.»

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