Maudire, refouler, repousser: voilà comment réagissent beaucoup de contribuables lorsqu'ils trouvent leur déclaration d'impôts dans leur boîte aux lettres. Heureusement, la plupart des cantons permettent de repousser l'échéance. Mais ceux qui souhaitent obtenir davantage de temps doivent, selon le canton, s'acquitter d'une pénalité.
Blick s'est penché sur les pratiques de onze cantons. Résultat: les règles varient fortement d'un canton à l'autre.
Jusqu’à 60 francs à Berne
A Berne, par exemple, la déclaration d'impôts doit en principe être remise avant le 15 mars. Comme dans la plupart des cantons, des exceptions existent, notamment pour les indépendants.
Les contribuables peuvent prolonger le délai de dépôt jusqu'à la fin novembre. Jusqu'au 15 juillet, cette prolongation est gratuite pour les déclarations remplies en ligne. Pour celles transmises par e-mail, par courrier ou au guichet, elle coûte déjà 20 francs. Un délai supplémentaire jusqu'au 15 septembre coûte 20 francs en ligne, contre 40 francs par e-mail ou au guichet. Pour repousser l'échéance jusqu'en novembre, il faut débourser 40 francs en ligne et 60 francs au guichet.
Ces frais représentent une source de revenus non négligeable pour le canton. En 2024, Berne a ainsi encaissé environ 3,5 millions de francs grâce aux prolongations de délai. Car seuls 30% environ des contribuables déposent leur déclaration dans les délais initiaux. La grande majorité demande donc une prolongation.
Même cas de figure à Genève
Le protocole se veut quasiment similaire à Genève. Le délai de dépôt initial pour la déclaration d'impôt est fixé au 31 mars. Passé ce délai, le contribuable reçoit un rappel facturé. Pour demander un délai, les Genevois doivent le faire en ligne, par téléphone ou par courrier entre le 1er janvier et le 31 octobre. Pour un délai de 3 mois, les citoyens devront s'acquitter d'un montant de 20 francs, puis 40 francs jusqu'à 5 mois et 60 francs pour plus de 5 mois.
A Genève, près de 68'000 contribuables font une demande de délai chaque année. L'administration fiscale genevoise a toutefois relevé que l'Etat perçoit plus d'argent grâce aux intérêts de retard que via ces émoluments administratifs.
860'000 francs pour le Valais
Le Valais applique un système similaire. Les contribuables peuvent demander une prolongation jusqu'au 31 juillet, puis jusqu'au 31 octobre et, dans des cas exceptionnels, jusqu'au 31 décembre. Chaque prolongation coûte 20 francs.
Pour les demandes déposées par un cabinet fiduciaire, le tarif n'est toutefois que de cinq francs. Ces cabinets disposent en effet d'un portail qui leur est réservé, ce qui réduit la charge administrative pour l'administration fiscale. L'an dernier, le canton du Valais a ainsi encaissé environ 860'000 francs.
Soleure et Bâle-Ville en profitent aussi
Dans le canton de Soleure, la prolongation jusqu'au 31 juillet est gratuite. «Moyennant une taxe de 30 francs, le délai peut être prolongé jusqu'au 30 novembre», précisent les autorités soleuroises en réponse à une demande de Blick.
Malgré sa taille plus modeste que Berne, Soleure tire lui aussi des recettes substantielles de ces prolongations. En 2024, le canton a encaissé 1,9 million de francs auprès des personnes physiques et environ 260'000 francs auprès des entreprises. Environ deux tiers des Soleurois prolongent leur délai à chaque fois.
A Bâle-Ville, la prolongation est gratuite jusqu'à fin septembre. Au-delà, elle coûte 40 francs. Cette mesure a permis au canton de récolter environ 745'000 francs en 2025.
Certains cantons ne facturent rien
Tous les cantons ne facturent toutefois pas les prolongations de délai. Dans le canton de Vaud et à Zurich, les contribuables peuvent ainsi repousser gratuitement l'échéance jusqu'à fin septembre, voire jusqu'à fin novembre à condition que la demande soit faite (en ligne ou par courrier) avant le 30 juin. Ce sont les communes qui sont compétentes pour accorder ces prolongations. Les cantons de Saint-Gall, des Grisons, de Lucerne et d'Argovie permettent eux aussi de prolonger gratuitement le délai.
Mais attention à ne pas laisser traîner sa déclaration trop longtemps. Les contribuables qui ne la déposent pas reçoivent d'abord un rappel. Dans les cas les plus graves, ils peuvent même être sanctionnés par une amende. Si aucune déclaration n'est finalement remise, les autorités procèdent à une estimation des revenus et de la fortune du contribuable, une procédure qui s'avère généralement moins avantageuse pour ce dernier.