Sa balade vire au cauchemar
«Ce n’est pas le loup le danger, mais les chiens de protection des troupeaux»: un randonneur suisse attaqué s'inquiète

Lors d'une randonnée, Linus Fry et son labrador ont été attaqués par des chiens de protection des troupeaux. Ce retraité alerte sur l'imprévisibilité de ces canidés.
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Linus Fry et sa chienne Mia ont été attaqués par quatre chiens de protection des troupeaux.
Photo: DR
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Patrik Berger

Linus Fry est un randonneur passionné. Originaire de Disentis (GR), cet homme de 71 ans parcourt les sentiers de sa région presque tous les jours. Il peut compter sur la compagnie de Mia, sa labrador de 4 ans qui ne le quitte jamais.

Pas surprenant, donc, qu'il ait été profondément bouleversé en apprenant une récente attaque dans le Val Sumvitg (GR) de deux randonneurs par des chiens de protection des troupeaux. «Les conseils sur le comportement à adopter ne servent à rien. La situation avec les chiens de protection des troupeaux ne cesse d'empirer», confie à Blick le retraité.

Un berger allemand menace les randonneurs

Et il sait de quoi il parle: un incident similaire lui est déjà arrivé. «Nous étions quatre en chemin pour la cabane de Medel du Club alpin suisse (CAS). A 400 mètres du sentier, un troupeau de moutons paissait. Soudain, deux chiens de protection des troupeaux se sont précipités sur nous, alors que nous étions loin des moutons et que nous ne les dérangions pas.» Il explique à quel point les chiens ont grogné et aboyé fort. Linus Fry dit leur avoir parlé pour tenter de les calmer. «Puis ils ont fini par s'éloigner.»

Mais la situation est loin d’être terminée. «Un peu plus haut, un berger allemand est venu vers nous», raconte Linus Fry. «Il nous a aboyé dessus bruyamment, nous faisant comprendre qu'il fallait partir. Mieux valait faire demi-tour…» Selon lui, le chien de garde se serait montré menaçant. 

«Ce sont les chiens qui posent problème, pas le loup»

Une fois arrivé à la cabane, le groupe de randonneurs s'est tranquillement posé pour boire un verre. Mais ils n'ont pas vraiment pu profiter du magnifique panorama. En effet, ils pensaient déjà au retour et au fait de repasser une nouvelle fois devant le troupeau de moutons. Des craintes qui se sont vite confirmées. «Les quatre chiens se sont précipités vers nous, les deux jeunes en tête», raconte Linus Fry. «Ils s’en sont aussi pris à Mia, ma chienne, et l'ont mordue. Elle a hurlé très fort.»

D’ordinaire, Linus Fry se décrit comme quelqu'un de calme et réfléchi. Mais là, l'homme a décidé d'agir. «Je devais protéger Mia, alors j’ai décidé de me battre!» Il a ramassé des cailloux dans un ruisseau tout proche, et les a lancés sur les quatre chiens. Il a donné des coups de pied aux animaux et les a frappés pour qu'ils s'éloignent. «Je suis passé en mode attaque. C’était l’instinct, de l’adrénaline à l’état pur.»

Les animaux ont fini par battre en retraite. Linus Fry a immédiatement examiné l'état de Mia. Sa labrador est sortie indemne de l’attaque. C'est pourquoi il n'a signalé l’incident ni à la police ni à l’alpage. «Ça ne sert à rien», affirme-t-il avec conviction.

Mais pour Linus Fry, une chose reste claire: «La situation pour les randonneurs devient de plus en plus compliquée.» Il explique être en hypervigilance, se demandant avant chaque randonnée s'il risque de croiser des chiens de troupeaux. «Ils sont imprévisibles. Ce n’est pas le loup qui représente une menace, mais les chiens de protection des troupeaux!»

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