Les députés fribourgeois ont entamé mardi le débat sur l'adoption du budget 2026 «bis» de l'Etat. Après le rejet de la LAFE le 26 avril, la copie n’intègre que les mesures du programme d’assainissement des finances de l’Etat (PAFE) relevant de la compétence de l'exécutif.
Le document affiche un excédent de 0,3 million de francs. Il a été dévoilé le 28 mai, huit mois après une première mouture retirée après le lancement par la gauche et les syndicats d'un référendum contre la loi sur l'assainissement des finances de l'Etat (LAFE). L'exercice en cours a commencé du coup sans budget, une première.
La nouvelle version est marquée par le report de certaines dépenses et une évaluation des revenus fiscaux fondée sur les comptes 2025. «Ce qui contribue au respect de l’exigence constitutionnelle de l’équilibre», a dit le grand argentier cantonal Jean-Pierre Siggen. Les mesures du PAFE seront appliquées dès cette année.
«Pas possible de répondre à tout»
La non-indexation des salaires du personnel (pour 16,7 millions) s’applique de fait. Quant à la non-compensation de la progression à froid (20 millions), soit l'absence d'adaptation des barèmes d'impôt à l'inflation, elle n’est pas non plus rétroactive en 2026. Mais son application sera soumise aux députés pour l’an prochain en novembre.
L'entrée en matière n'a pas été combattue, mais a permis de présenter des doléances. «Tout ça pour ça», a déploré le député PS Armand Jaquier. En balayant la LAFE, avec 68,57%, «le peuple a démontré son attachement aux prestations sociales», a-t-il ajouté, tout relevant que le financement du canton restait «problématique».
«Les attentes envers l'Etat continuent de croître, mais il ne sera pas possible de répondre à toutes les demandes», a averti le centriste Christian Clément, en évoquant la santé et le pouvoir d'achat. «Les nuages s'amoncellent donc déjà sur 2027», avec la fin de la non-indexation et le possible retour de la progression à froid.
Des finances plus solides
Au nom du PLR-PVL, la députée Antoinette de Weck privilégie pour la suite la réduction des charges et à la hausse des recettes. «Les finances apparaissent moins fragiles qu'il y a quelques mois», s'est réjoui pour sa part le Vert Julien Vuilleumier, en voyant que la copie avait été retravaillée «sans grande difficulté».
Du côté de l'UDC, Lucas Dupré a mentionné une situation à «flux tendus». «Chaque année sera plus délicate», a-t-il précisé, à propos notamment de la croissance des effectifs. Tout en saluant l'ampleur des investissements, le député a appelé à la prudence, dans la mesure où ceux-ci ne s'imposent pas nécessairement pour l'heure.
Une détérioration totale de 54,4 millions de francs a été prise en compte par rapport au budget suspendu en octobre. Elle a été compensée par une amélioration de la même ampleur, à raison de 56% par une hausse de recettes, notamment en misant sur une augmentation des recettes fiscales réaliste, mais «sans marge de prudence».
Le social et l'environnement impactés
Le solde de la compensation, 44%, provient d'une baisse de charges. Parmi les dépenses reportées, pour assurer l'équilibre, figurent des subventions dans la santé, le social, l’environnement et les transports. Au-delà, la progression des charges et revenus entre les budgets 2025 et 2026 s’élève à 5,7%, à 4,57 milliards de francs.
Ce taux est limité à 3,4%, défalcation faite de l'opération liée à l'apport de la Banque nationale suisse (BNS) pour cette année, avec 100 millions de francs. Les prévisions de recettes fiscales s’établissent à 1,65 milliard, en hausse de 4,3% par rapport au budget 2025.
La non-indexation des salaires du personnel s’applique de fait. Quant à la non-compensation de la progression à froid, elle n’est pas non plus rétroactive en 2026.