La France connaît une vague de manifestations d’élèves contre la pénurie d’enseignants et le délabrement des écoles. Si certaines mobilisations se déroulent dans le calme, comme le cortège du 6 octobre à Metz après plusieurs jours de tensions, d’autres sont marquées par des violences et des dégradations. Salles de classe détruites, camions de pompiers incendiés... des casseurs qui ne font pas partie du mouvement lycéen ont également été mis en cause. Une policière stagiaire a été frappée à Paris, un proviseur a été aspergé d’essence et une passante a reçu un jet de flammes au visage. A Toulouse, des jeunes ont agressé un enseignant. La vidéo a dépassé le million de vues sur les réseaux sociaux.
Des interventions policières ont également fait des blessés graves parmi les jeunes. A Tours, un lycéen de 16 ans a perdu l’usage d’un œil et sa famille a porté plainte pour violences policières. A Lens, un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par l’explosion d’une grenade policière. Une enquête confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) doit établir les circonstances de cette blessure.
Ce qui avait commencé comme une protestation contre les conditions d'enseignement en France menace de se transformer en incendie numérique. Les vidéos transforment la violence en action participative pour les jeunes. La vague atteindra-t-elle la Suisse? La police cantonale valaisanne tire la sonnette d'alarme.
«Ne pas se laisser entraîner par la pression du groupe»
En Valais, la police cantonale signale des appels au blocage des établissements. «Sur les réseaux sociaux des publications circulent, appelant à bloquer les écoles – notamment en lien avec des mouvements observés à l’étranger», écrit-elle.
Elle met les jeunes en garde contre le fait d’aimer, de partager ou de relayer machinalement ces appels. «Ne vous laissez pas entraîner par la pression du groupe ou par un défi en ligne.»
Les conséquences de la participation numérique
Blocages, cours annulés, dégradations et situations dangereuses. Selon la police, soutenir de telles actions en ligne peut entraîner des avertissements, des suspensions ou d’autres procédures. Elle évoque aussi de possibles poursuites pénales en cas de dégradations, de blocages ou d’appels à des actions illégales, même sans présence sur place.
Elle rappelle également les conséquences possibles pour l’avenir des jeunes. «Ce que tu partages aujourd’hui reste souvent visible longtemps et peut nuire à ta réputation.» Ces publications en ligne peuvent notamment porter préjudice lors d’une formation, d’une recherche d’emploi ou d’un stage.
La police cantonale valaisanne souligne enfin les répercussions sur les écoles, entre cours annulés, examens reportés et tensions. «Cela perturbe la vie de toute la communauté scolaire», y compris des élèves qui ne participent pas aux protestations.
Des élèves contrôlés près de Genève
Les mobilisations en France touchent également la région frontalière avec la Suisse. Selon «Watson», des élèves du lycée Madame de Staël, à Saint-Julien-en-Genevois, près de Genève, ont été contrôlés lundi par la police à la gare. «Ils nous ont confisqué du parfum, des briquets et des déodorants», a raconté une élève au média en ligne.
La situation aurait aussi été tendue aux abords du lycée, où la police antiémeute était présente en fin de semaine dernière. Des poubelles ont bloqué l’accès au bâtiment. Certaines ont ensuite pris feu, comme le montrent des vidéos.