Une association met en garde
Malgré du mieux, la pénurie d'enseignants n'est pas encore résolue

Les écoles suisses sont moins sous pression en matière de personnel qu'il y a quelques années. Cependant, la pénurie de personnel qualifié persiste, notamment dans le domaine de la pédagogie spécialisée.
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Dans le canton de Zurich, le nombre d'élèves qui entament la nouvelle année scolaire stagne pour la première fois depuis 20 ans.
Photo: Keystone
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Sara Belgeri

Pour de nombreux enfants et adolescents en Suisse, les vacances scolaires touchent à leur fin ce week-end. Cela signifie avant tout pour eux de retrouver le rythme de la vie scolaire. Une transition qui n'est pas toujours facile.

La Direction de l’éducation du canton de Zurich a pu pousser un soupir de soulagement à la rentrée. En effet, pour la première fois depuis 20 ans, le nombre d’élèves entamant la nouvelle année scolaire stagne. Dans le même temps, elle a déclaré que la pénurie d’enseignants était terminée.

A l’exception de douze classes, des enseignants ont pu être trouvés pour toutes les classes. Les villes de Zurich et de Winterthour ont même indiqué qu’après des années de croissance, le nombre d'enfants et d'adolescents inscrits à la rentrée était en baisse.

Le canton avait déjà réagi à cette situation au printemps: dès cette rentrée scolaire, les enseignants sans diplôme ne sont plus autorisés à enseigner. Beaucoup d’entre eux avaient été embauchés en raison de la pénurie d’enseignants. Quiconque souhaite continuer à exercer la profession d’enseignant doit donc suivre une formation appropriée dans une haute école pédagogique (HEP).

Craintes pour l'enseignement spécialisé

Cette amélioration de la situation se constate également dans d’autres cantons, bien qu’à des degrés divers. Ainsi, dans le canton de Lucerne, par exemple, tous les postes d’enseignants titulaires sont pourvus à la rentrée. Le Département de l’éducation et de la culture constate que la situation s'est apaisée. Toutefois, elle reste tendue dans le domaine de l'enseignement spécialisé.

A Bâle-Ville, la situation est également stable. Si le nombre de naissances y est en baisse, la population augmente parallèlement en raison des arrivées de nouveaux habitants. Pour les années à venir, le canton s’attend donc à une poursuite de la hausse des effectifs scolaires – et, par conséquent, à un besoin important en locaux scolaires.

Baisse du taux de natalité

En ce qui concerne le personnel, il n’y a ni pénurie ni surabondance. Tous les postes vacants ont pu être pourvus. Selon le Département de l’éducation, la plupart des personnes ne disposant pas d’un diplôme d’enseignement reconnu sont déjà en formation.

D’une part, l’augmentation du nombre d’étudiants dans les HEP a sans doute contribué à détendre la situation dans le système scolaire. D’autre part, le taux de natalité en Suisse est en baisse, ce qui se traduit par une diminution du nombre d’enfants entrant à l’école obligatoire. L’Office fédéral de la statistique prévoit que les effectifs scolaires au niveau primaire diminueront dans toute la Suisse à partir de 2027. Selon les prévisions, les besoins en nouveaux enseignants devraient baisser de 40% d’ici 2034.

Légère amélioration en Argovie

Une évolution similaire s’observe en Argovie. Dans ce canton, le nombre d’entrées à l’école maternelle et en première année du primaire est certes en légère baisse. Dans l’ensemble, le nombre d’élèves de l’école primaire continue toutefois d’augmenter. Selon le Département de l’éducation, de la culture et du sport, cela s’explique notamment par les nombreux nouveaux arrivants, qui compensent jusqu’à présent largement la baisse du taux de natalité.

En ce qui concerne le corps enseignant, l’Argovie constate une légère amélioration de la situation. Le recrutement de personnel spécialisé reste toutefois difficile, notamment en pédagogie curative et dans d’autres domaines de soutien. Parallèlement, le canton prévoit de modifier les conditions d’emploi: les enseignants qui ne disposent pas encore d’une qualification suffisante devront désormais s’attendre à des retenues salariales plus importantes.

Berne mise sur les reconversions professionnelles

Dans le canton de Berne également, les effectifs scolaires sont encore en hausse actuellement. A moyen terme, la Direction de l’éducation et de la culture table sur un léger recul dans l’enseignement primaire, tandis qu’une augmentation est toujours attendue au niveau secondaire II.

Si la pénurie d’enseignants s’atténue quelque peu, elle n’est toutefois pas encore surmontée. La situation reste tendue, notamment à l’école primaire, en pédagogie spécialisée et au niveau secondaire I. Par conséquent, contrairement à Zurich, Berne ne prévoit actuellement aucun changement concernant le recours à des personnes sans diplôme d’enseignement.

La situation est quelque peu différente dans le canton de Vaud. Là aussi, les effectifs scolaires continuent d’augmenter, mais à un rythme nettement plus lent que ces dernières années. Le Canton ne souhaite pas parler d’une véritable pénurie d’enseignants. La situation reste certes tendue, notamment parce qu’il est difficile de recruter suffisamment d’enseignants dans certaines matières. Dans l’ensemble, la situation n’a guère évolué par rapport à l’année dernière.

«Le problème n’est pas encore résolu»

Beat A. Schwendimann, responsable pédagogique de l'Association faîtière des enseignantes et enseignants de Suisse (LCH), ne lève pas pour autant l’alerte, malgré une certaine détente dans certains cantons. «Le problème de la pénurie de personnel n’est pas encore résolu», déclare-t-il.

En raison de la pénurie aiguë d’enseignants ces dernières années, de nombreux postes ont dû être pourvus par des personnes non qualifiées. «La pénurie d’enseignants ne sera résolue que lorsque chaque classe sera encadrée par un enseignant qualifié.»

Du point de vue de l'association, il faut donc continuer à investir dans la formation d’enseignants qualifiés. «Il est inacceptable que l’on enseigne à long terme sans aucune qualification.» L’association se félicite donc que les enseignants sans diplôme du canton de Zurich doivent désormais suivre une formation dans une haute école pédagogique. La LCH milite pour que cette mesure soit également mise en œuvre dans d’autres cantons.

L’expérience pédagogique déjà acquise devrait être prise en compte. Parallèlement, un soutien financier est nécessaire pour les personnes concernées, ainsi que des modèles d’études flexibles et compatibles avec une activité professionnelle. «Beaucoup ont des obligations familiales, et trois ans d’études à temps plein ne sont pas une option pour eux.»

Beat A. Schwendimann se félicite que les hautes écoles pédagogiques enregistrent un nombre élevé d’étudiants – notamment grâce à des programmes attractifs destinés aux personnes en reconversion professionnelle, qui ont été considérablement développés ces dernières années. «Si le nombre d’élèves diminue alors que l’on forme davantage d’enseignants, la situation pourrait se stabiliser à long terme», explique Beat A. Schwendimann. «Il s’agit là d’une évolution importante pour garantir le haut niveau de qualité de l’éducation en Suisse.»

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