Le 24 juillet approche à grands pas, et avec lui, une échéance cruciale pour l'économie helvétique. C’est en effet à cette date que les taxes douanières transitoires de 10% imposées par les Etats-Unis arriveront à échéance. Pour les entreprises exportatrices suisses, tout va se jouer dans les prochains jours. Leur grand espoir? Décrocher enfin un accord douanier permanent afin d'obtenir la prévisibilité dont elles ont tant besoin pour l'avenir.
Dans une interview accordée à Bloomberg, la directrice du Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco), Helene Budliger Artieda, laisse entendre que la Suisse a de «bonnes chances» d’obtenir un taux de droit de douane permanent de 15%. La secrétaire d’Etat précise que si le niveau des droits de douane est certes important pour les entreprises suisses, la stabilité de ce taux est désormais presque plus importante encore.
Helene Budliger Artieda revient également dans Bloomberg sur la polémique liée aux droits de douane de 39% de l’été dernier. A la question de savoir si la Suisse aurait dû mieux négocier, elle répond: «Honnêtement, je ne sais pas.» D’autres pays auraient agi différemment. «Mais ce n’est tout simplement pas dans l’esprit suisse. Nous ne faisons pas de promesses que nous ne pouvons pas tenir.»
La secrétaire d’Etat évoque le changement de présidence fédérale. Elle explique que le système suisse complique l’établissement d’une relation à long terme avec Donald Trump.
Le feuilleton douanier n’en finit pas
Après le fiasco de l’été dernier, la Suisse a réussi à négocier en novembre des droits de douane temporaires de 15%. Mais en février, le président américain Donald Trump a essuyé une cuisante défaite: la Cour suprême a déclaré ses droits de douane illégaux.
Le président américain a alors instauré les droits de douane transitoires de 10% actuellement en vigueur. La durée de validité de ces droits est toutefois limitée à 150 jours. Elle prendra fin dans quelques jours.
Pour la suite, Washington compte s'appuyer sur la fameuse «Section 301» de la loi sur le commerce de 1974. Deux enquêtes distinctes ont été lancées pour légitimer de futures taxes. Les Américains cherchent à savoir si leurs partenaires commerciaux luttent activement contre l'importation de produits issus du travail forcé et s'ils réduisent suffisamment leurs surcapacités structurelles.
Les résultats de la première enquête sont disponibles depuis début juin. Le président Donald Trump reproche à 60 pays – dont la Suisse – de ne pas en faire assez pour lutter contre le travail forcé. C’est sur cette base qu’il va désormais probablement imposer ces nouveaux tarifs douaniers.
L’enquête sur les «surcapacités structurelles» est toujours en cours. Ses résultats n’auront donc aucune incidence sur le nouvel accord. Trump devrait plutôt s’en servir comme moyen de pression lors de futures négociations.