Guerre des prix
Aldi se fait épingler par les autorités pour de faux rabais

Les discounters suisses se livrent une guerre des prix sans merci sur les produits de base. Accusé de publicité trompeuse concernant son saumon bio, Aldi a été recadré par les autorités.
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Le commerce de détail est un secteur très concurrentiel.
Photo: Keystone
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Robin Bäni

Les magasins discount suisses se livrent à une véritable course aux prix bas. Tous veulent proposer le pain le moins cher, la viande la moins chère ou encore le poisson le plus abordable. Mais les détaillants tiennent-ils vraiment leurs promesses commerciales?

Aldi est accusé d’avoir diffusé des publicités trompeuses. Le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO)annonce être intervenu auprès du grand distributeur.

Un prix grignoté

À l’origine de la polémique: un filet de saumon bio avec peau de 200 grammes. En août 2025, Aldi a lancé une campagne publicitaire annonçant que la barquette ne coûterait désormais plus 8,49 francs, mais 6,99 francs seulement. Un mois plus tard, le discounter a de nouveau revu son prix à la baisse, retranchant encore 10 centimes pour passer à 6,89 francs.

A ces deux occasions,la même promesse s’affichait en gros caractères: «Nous réduisons durablement les prix du poisson.» Sauf que ces rabais n’étaient finalement pas si durables. Aujourd’hui, la même barquette de saumon est de nouveau vendue 7,45 francs.

Publicité trompeuse?

Pour le SECO, cette hausse du prix du saumon pourrait relever de la loi fédérale contre la concurrence déloyale (LCD). Interrogée à ce sujet, l’autorité précise: «Si un prix est présenté dans une publicité comme étant “durablement réduit”, cela suppose que le tarif annoncé soit effectivement maintenu pour une durée illimitée et qu’il ne soit pas relevé par la suite.»

Or, c’est précisément ce qui s’est passé. Selon le SECO, le passage de 6,89 à 7,45 francs remet en cause le message publicitaire, qui ne correspond dès lors plus à la réalité. En dernier ressort, il appartiendrait toutefois à un tribunal de déterminer s’il s’agit, dans ce cas précis, d’une indication inexacte ou trompeuse au sens de la loi. Pour l’heure, le SECO renonce à engager une procédure, mais annonce qu’il écrira à Aldi pour lui signaler que cette pratique commerciale contrevient, selon son analyse, à la LCD.

Aldi, de son côté, justifie ces baisses de prix finalement pas si durables. «Les denrées alimentaires étant souvent soumises aux fluctuations du marché, il est courant dans le secteur d’ajuster les prix de vente si nécessaire», indique le distributeur. L’enseigne rappelle en outre que le prix actuel, fixé à 7,45 francs, reste inférieur au prix initial de 8,49 francs. Mais le prix mis en avant dans sa publicité était bien de 6,89 francs. Aldi semble ainsi avoir sa propre définition de la durabilité tarifaire.


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