Distributeurs automatiques de billets dynamités, vol de voitures, cambriolages d'appartements. Cet été, plusieurs vols d'armureries ont aussi fait la une des journaux. Des bandes organisées sont régulièrement soupçonnées de venir de France jusqu'en Suisse – et de disparaître rapidement de l'autre côté de la frontière une fois le crime commis.
Pour l'UDC, la situation est hors de contrôle. Et elle veut mettre un terme à tout cela. Pour le parti, la solution est évidente: la Suisse doit mieux contrôler ses frontières. Elle veut donc charger le Conseil fédéral de stopper immédiatement les plans d'économie et d'augmenter le plus rapidement possible le personnel de l'Office fédéral des douanes et de la sécurité frontalière (OFDF).
L'exemple de l'UDC en Allemagne
En collaboration avec les corps de police cantonaux, il faut à nouveau des contrôles systématiques aux frontières, demandent le conseiller national valaisan UDC Jean-Luc Addor et ses compagnons de route. Cette demande a déjà été formulée à plusieurs reprises par le parti conservateur, précisément depuis que l'Allemagne a réintroduit temporairement des contrôles aux frontières intérieures de l'espace Schengen.
Berlin veut ainsi lutter contre l'immigration illégale. Mais en même temps, la libre circulation des personnes s'en trouve limitée, ce qui a d'ores et déjà attiré les protestations des pays limitrophes.
Mais l'UDC exige désormais des mesures similaires à la frontière avec la France. Ce n'est pas la première fois qu'elle demande une augmentation du nombre de gardes-frontières dans la région de Genève. Mais sans succès jusqu'à présent, déplore le parti. Jean-Luc Addor parle même d'une «négligence quasi-totale de la frontière terrestre».
Le Conseil fédéral ne reconnaît pas encore la nécessité
Et avec les plans d'économie de la Confédération, la situation risque d'empirer, selon lui. «Cette tendance doit être inversée immédiatement. Et rapidement», avertit Jean-Luc Addor. Il en va de la sécurité de chacun d'entre nous, estime le Valaisan, pour qui les signes avant-coureurs sont déjà mauvais.
Jusqu'à présent, le Conseil fédéral ne s'est guère montré disposé à écouter. Il a maintenu que la sécurité territoriale relevait principalement de la responsabilité des Cantons. Le trafic frontalier est surveillé en fonction des risques. «Si la situation l'exige, les mesures de contrôle seront renforcées ou du personnel supplémentaire sera engagé», assurait encore le Conseil fédéral en juin dernier. Mais jusqu'à présent, il ne l'a pas jugé nécessaire.