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Les premiers effets d'Omicron
Hospitalisations en baisse, sauf pour les enfants

Les experts de la Confédération se retrouvent à 14h pour faire le point sur la situation épidémiologique en Suisse.

Comme la plupart des mardis, les experts de la Task force Covid-19 se sont présentés devant la presse pour évaluer la situation sur le front du Covid dans notre pays.

Le contexte était particulièrement tendu cette semaine: un nouveau record des contaminations journalières a été atteint avec plus de 20'000 cas confirmés, tandis que les données communiquées pour les Fêtes avaient été sous-estimées dans un premier temps. «Des données fiables ne seront disponibles que dans le courant de la semaine», a concédé Patrick Mathys en s'excusant au nom de l'OFSP.

Hospitalisations en baisse

Dans les hôpitaux, la situation est pour l'instant relativement bonne, a relevé le chef de la division Gestion de crise et coopération internationale de l’Office fédéral de la santé publique. Les chiffres sont en baisse: en moyenne, environ 80 personnes seraient actuellement hospitalisées chaque jour à cause du Covid.

Il faut toutefois s'attendre à ce que les chiffres augmentent à nouveau — et fortement. Les services de soins intensifs devraient également faire face à une augmentation, a prédit Patrick Mathys. Ce paradoxe s'explique par l’augmentation du nombre de cas. «Omicron se propage très rapidement», a averti Patrick Mathys.

Le médecin cantonal zougois Rudolf Hauri explique que les hôpitaux ressentent désormais le manque de personnel dû à l'isolement et à la mise en quarantaine d’une partie des employés. Le fait que la quarantaine a été raccourcie de dix à sept jours dans la majorité des cantons aide à pallier ce manque.

Selon les premières données Omicron entraînerait en fin de compte moins d'hospitalisations chez les adultes, mais plus d'hospitalisations chez les enfants, a relevé Samia Hurst, autre membre de la Task force.

Limiter les contacts

Il faut réduire absolument les contacts, insiste la Genevoise. Ce n'est qu'avec des mesures comme la distanciation et les masques que l'on pourra freiner Omicron. Le nouveau variant touche fortement les enfants, ajoute Alain di Gallo, autre membre de la Task force Covid. «On peut voir aux États-Unis que les enfants sont davantage infectés», explique-t-il.

Cela implique des mesures dans les écoles afin de limiter la circulation du virus et éviter des fermetures d'écoles. Le directeur de la Clinique pour enfants et adolescents de Zurich évoque «une ventilation adéquate» et estime que des appareils de mesure du CO₂ devraient être utilisés. Le port du masque devrait être généralisés et des tests réguliers — au moins une fois par semaine, au mieux deux ou trois fois — effectués. Les enfants symptomatiques doivent absolument rester à la maison, insiste Alain di Gallo. La vaccination est un outil primordial, même pour les enfants.

Les journalistes ont également été invités, comme de coutume, à poser leurs question. L'un d'eux a demandé si les chiffres actuels n'étaient pas à observer positivement en ce qui concerne les hospitalisations. «Nous nous attendons à une hausse, a coupé Patrick Mathys. Mais peut-être pas dans les soins intensifs — il y a beaucoup d'incertitudes à ce sujet.»Les craintes se situent non seulement au niveau des patients mais également en ce qui concerne le personnel médical. «Omicron a des implications sur l'ensemble du système de santé», ont fait savoir les responsables.

Nouvelles mesures pas exclues

«Si nous nous en tenions tous aux mesures connues, nous pourrions éviter une grande partie des infections», a relevé Patrick Mathys. Le spécialiste n'exclut pas que de nouvelles mesures soient nécessaires pour contenir la forte hausse des cas de Covid.Une position également adoptée par Samia Hurst. «Nous n'en faisons pas encore assez pour endiguer Omicron, a-t-elle déclaré. Il faut davantage, soit au niveau individuel soit au niveau collectif. Ce qu'il faut entreprendre? C'est une question politique.»

Une autre question a porté sur la vaccination des enfants. Alain di Gallo, directeur de la Clinique pour enfants et adolescents de Zurich, a expliqué que même si le risque pour les enfants de développer une maladie avec des conséquences graves était limité, il existait tout de même. «Alors qu'en ce qui concerne la vaccination, il n'y a guère d'effets problématiques.»

Quid d'atteindre une immunité collective par une «infection contrôlée» de la population? Patrick Mathys ne croit pas que cela puisse être possible de manière «contrôlée». Une fois une immunité collective atteinte, la pandémie pourrait devenir endémique, a néanmoins concédé Samia Hurst.

De petites épidémies épisodiques sont aussi possibles.La Genevoise a rappelé que les personnes qui ne se font pas vacciner contribuent à prolonger la pandémie. Même si les effets sont plus légers avec Omicron, le système de santé est tout de même surchargé. Et il y a également l'éventualité de nouveaux variants insensibles aux infections préalables qui pourraient réduire à néant les espoirs d'immunité collective, a noté Samia Hurst.

Au sujet du nombre de cas record, Patrick Mathys a relevé que le taux de positivité élevé montre qu'il existe de nombreux cas non déclarés. En raison des capacités de dépistage qui arrivent à leurs limites — lorsqu'elles ne sont pas déjà dépassées —, il est possible que certaines personnes renoncent à des tests.


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