En bref
- De nouvelles recherches révèlent que l'apparition des cheveux gris pourrait être un mécanisme de défense de l'organisme. Plutôt qu'un simple effet du vieillissement, c'est une réponse à des cellules endommagées mises hors service pour éviter des problèmes comme le cancer.
- Les cheveux gris résultent de la perte de mélanine, un pigment produit par les mélanocytes. Le stress intense peut également accélérer ce processus en épuisant les cellules souches pigmentaires du follicule pileux.
- Selon une étude de l'université de Harvard, la noradrénaline libérée en cas de stress peut entraîner l’épuisement des cellules pigmentaires. Ainsi, la génétique, le stress et l'âge influencent l'apparition des cheveux gris.
Pour beaucoup, découvrir son premier cheveu gris, c’est prendre un petit coup de vieux. Aujourd’hui, la science démêle peu à peu les causes de leur apparition. Pendant longtemps, on a pensé que les cellules responsables de la couleur des cheveux s’épuisaient simplement avec l’âge avant de finir par mourir. De nouvelles recherches suggèrent désormais que notre corps pourrait, en réalité, mettre certaines cellules endommagées hors service afin d’éviter des problèmes plus graves. Le cheveu gris ne serait donc peut-être pas seulement la conséquence du temps qui file, mais aussi le reflet d’un mécanisme de défense de notre organisme.
L’usine à couleur de nos cheveux
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, un cheveu gris n’est pas vraiment gris… mais transparent. Lorsqu’il ne contient plus de pigment, c’est surtout la façon dont il réfléchit la lumière qui lui donne cette apparence grise ou blanchâtre.
Pour comprendre cette perte de couleur, il faut s’intéresser aux mélanocytes. Ces cellules produisent la mélanine, le pigment qui colore notre peau, nos yeux et notre tignasse. Il en existe notamment deux types: l’eumélanine, à l’origine des teintes brunes et noires, et la phéomélanine, qui donne des nuances jaunes et rouges.
C’est dans le follicule pileux, cette petite cavité de la peau dans laquelle pousse le cheveu, que se trouvent les cellules souches mélanocytaires. Elles fabriquent en permanence de nouvelles cellules pigmentaires. Une sorte de petite usine à couleur qui permet au cheveu de conserver sa teinte. Mais avec le temps, cette mécanique bien rodée peut se dérégler.
Les cheveux gris, une protection contre le cancer?
Longtemps, on a pensé que l'usure du follicule ou le simple vieillissement suffisaient à expliquer ce dérèglement. Un autre coupable est aujourd'hui pointé du doigt : les radicaux libres, des molécules instables capables d’endommager les cellules et leur ADN. Lorsque ces dégâts touchent certaines cellules souches, le corps peut choisir de les mettre hors service plutôt que de les laisser continuer à fonctionner malgré les dommages.
Ces cellules entrent alors dans un état de «sénescence». Sans disparaître, elles cessent de se diviser et évitent ainsi leur prolifération qui, dans certains cas, favorise l'apparition d’un cancer. Cette stratégie a un contrecoup: les cellules endommagées ne participent plus normalement à la production de mélanine et les cheveux perdent leur couleur.
Le stress donne vraiment des cheveux blancs
D'autres facteurs peuvent aussi nous donner des cheveux gris. Parmi eux: le stress. Des chercheurs de l’université de Harvard ont montré qu’un stress intense pouvait agir sur le système nerveux sympathique et provoquer la libération de noradrénaline.
Ce neurotransmetteur peut pousser les cellules souches pigmentaires à quitter le follicule pileux où elles finissent par s'épuiser définitivement. Une fois cette réserve disparue, impossible de produire de nouvelles cellules pigmentaires et les cheveux qui repoussent sont alors dépourvus de couleur.
Mais inutile de tout mettre sur le dos du stress. La génétique, l’âge, l’alimentation ou encore certains facteurs environnementaux participent également à déterminer quand les premiers cheveux gris apparaissent et à quelle vitesse ils se multiplient.
Les cheveux gris, un indicateur de santé?
Les cheveux gris pourraient raconter bien plus que notre âge et donneraient aussi des indices sur la manière dont notre organisme réagit au stress et gère certaines cellules endommagées. Finalement, ce premier cheveu gris tant redouté est peut-être moins le signe que l’on vieillit que celui d’un organisme qui continue, discrètement, à se défendre.
Cet article a été publié pour la première fois sur Onet Kobieta, la rubrique dédiée aux femmes et à l’art de vivre du portail d’information polonais Onet, qui appartient au groupe Ringier.