En bref
- Candidate à la succession de Guy Parmelin, Céline Amaudruz voit ses revenus scrutés
- Ses mandats et son siège à Berne lui rapportent jusqu’à 380'000 francs par an
- Ce total exclut son salaire de gestionnaire de fortune chez Vision Asset Management et des rémunérations non publiques
Officiellement candidate à la succession de Guy Parmelin au Conseil fédéral, Céline Amaudruz concentre les regards et l’attention des médias depuis son annonce, le jeudi 15 octobre. Seule candidate officiellement en lice au moment d’écrire ces lignes, la conseillère nationale UDC genevoise a vu ses revenus passés au crible par les journaux de Tamedia: elle tire de ses mandats d’administratrice et de son siège sous la Coupole entre 350'000 et 380'000 francs par an. A cela s'ajoute son salaire de gestionnaire de fortune. Décryptage.
Les finances de Céline Amaudruz avaient déjà fait parler d’elles en 2017, lorsque le magazine Bilanz l’avait classée au cinquième rang des parlementaires les plus fortunés, avec une fortune estimée à plus de 10 millions de francs. Un chiffre qu’elle a par la suite démenti, assurant n’avoir jamais été contactée par le magazine, comme le rapporte le journaliste Marc Guéniat, qui lui consacre un chapitre dans son livre «Genève confidentiel». Aujourd’hui, la conseillère nationale la plus fortunée est Magdalena Martullo-Blocher, avec 6,7 milliards de francs.
Différents mandats d’administratrice
Quoi qu’il en soit de sa fortune, ses revenus sont eux aussi conséquents et proviennent aujourd’hui de plusieurs sources: son salaire, ses mandats d’administratrice de sociétés et son siège sous la Coupole.
Son salaire, d’abord. Comme elle l’indiquait à Blick la semaine dernière, Céline Amaudruz a commencé une nouvelle activité le 1er octobre chez Vision Asset Management, une société de gestion de fortune. Le montant de sa rémunération n’est pas connu. Dans ce secteur, les salaires pour des postes équivalents avoisineraient les 200'000 francs, mais les chiffres précis restent difficiles à obtenir.
A cela s’ajoutent ses revenus d’administratrice de sociétés. Sur sa page de parlementaire, où elle est tenue de déclarer ses liens d’intérêt, la quadragénaire indique être rémunérée par quatre sociétés. A commencer par la présidence du conseil d’administration de Groupe Minoteries SA, une entreprise de farine dans laquelle sa famille détient par ailleurs des parts. Selon le rapport de rémunération de l’entreprise, Céline Amaudruz a touché 152'000 francs en 2025 pour cette fonction.
Elle siège également aux conseils d’administration d’Infracore SA, une société spécialisée dans l’immobilier de santé, et de Fical SA, qui finance des PME. Enfin, elle est membre du conseil d’administration de Genève Aéroport. Sa rémunération n’y est pas connue, mais selon nos confrères de Tamedia, les administrateurs ont perçu en moyenne un peu moins de 15'000 francs chacun.
150'000 pour son siège à Berne
Dernière source de revenus: son siège sous la Coupole, qui lui rapporte entre 130'000 et 150'000 francs par an, selon les calculs de Tamedia. Chaque parlementaire touche un revenu annuel de 26'000 francs, auquel s’ajoute une «indemnité de 440 francs pour chaque jour de travail où ils participent à une séance», précise la loi fédérale.
Au total, ces activités lui rapportent donc jusqu’à 380'000 francs. Et ce montant reste partiel: il n’inclut ni ses rémunérations chez Fical et Infracore, qui ne sont pas publiques, ni son salaire chez Vision Asset Management. A titre de comparaison, un conseiller fédéral touche 473'000 francs par an. Interrogée par nos confrères, l’élue rappelle que tous ses mandats figurent au registre des liens d’intérêt et qu’elle serait tenue d’y renoncer en cas d’élection.