Avec effet immédiat
Chaos dans ce petit village bernois: la municipalité démissionne en bloc!

Rien ne va plus à Brienzwiler (BE)! Les sept membres de l'exécutif communal ont annoncé lundi leur démission avec effet immédiat. En cause: un conflit devenu insoluble entre la commune et ses quelque 530 habitants.
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Brienzwiler, dans l'Oberland bernois, a tout d'un petit coin de paradis. Sur le papier.
Photo: Simon Andreas Schild

En bref

  • A Brienzwiler (BE), une ambiance tendue règne depuis un certain temps
  • Les sept membres de l'exécutif ont annoncé lundi leur démission avec effet immédiat
  • Le 9 décembre prochain, le Conseil municipal sera renouvelé dans son intégralité
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Ruedi Studer

Perché sur une terrasse ensoleillée au sud du col du Brünig, le petit village de Brienzwiler (BE) et ses quelque 530 habitants incarnent parfaitement l'Oberland bernois et ses somptueux paysages. Un petit coin de paradis, sur le papier.

Sauf que ce décor de carte postale est troublé non seulement par le fracas des avions de combat de la base militaire voisine de Meiringen (BE), mais aussi par de violentes querelles de clocher. Le torchon brûle au village. A tel point que les sept membres de l'exécutif communal viennent tous de jeter l'éponge!

Le Conseil municipal démissionne en bloc et avec effet immédiat, peut-on lire dans un communiqué publié ce lundi par la commune. La préfecture compétente a été informée afin de pouvoir instaurer une «administration extraordinaire selon le droit cantonal». L'exécutif sera renouvelé dans son intégralité lors d'un vote de l'assemblée communale prévu le 9 décembre prochain.

«Le conflit s'est envenimé»

«Le Conseil municipal est consterné de voir à quel point le conflit entre certains habitants de Brienzwiler et la commune s'est envenimé», indique le communiqué. La pression personnelle subie par les élus, le personnel administratif et leurs familles est qualifiée d'extrêmement lourde. «Il est particulièrement regrettable que le conflit nuise à la cohésion du village et à la volonté d'assumer des responsabilités publiques.»

Selon le communiqué, plusieurs membres de la municipalité auraient été confrontés à de nombreuses reprises à des «attaques personnelles» et à des demandes de démission. C'est notamment le cas du président de la commune, Adrian Schild, et du secrétaire communal Thomas Riesen, lequel a depuis démissionné.

Le Conseil municipal souligne qu'il rejette les attaques et les affirmations «qui imputent à certaines personnes actuellement en fonction des affaires complexes, parfois accumulées au fil des années». Un rapport d'évaluation transmis à tous les ménages en septembre dernier pointait du doigt la nécessité d'un travail de fond au niveau de la gestion des taxes, des logiciels administratifs, de l'approvisionnement en électricité, de la construction ou encore de l'organisation au sein de l'administration communale.

Tensions autour de la gouvernance, des finances et des 30 km/h

Dans le village, l'ambiance est devenue délétère il y a un bon moment déjà, comme l'a appris Blick. Aux origines de la discorde: l'action du Conseil municipal, mais aussi les finances communales. A la suite d'un changement de fiduciaire externe chargé de la gestion financière orchestré par les autorités, l'assemblée communale (législatif) a balayé en décembre dernier le budget proposé par la municipalité en raison de postes budgétaires jugés flous. Le projet a finalement passé la rampe sans aucune modification.

Or, malgré cette acceptation, les comptes pour l'exercice 2025 n'ont pas été présentés, ce qui n'a pas manqué de susciter une vive colère au sein du village. Dans son communiqué de ce lundi, l'exécutif tient toutefois à préciser qu'aucune détresse financière n'est à l'origine de cette démission collective: «Les finances communales de Brienzwiler sont saines. Les comptes 2025 affichent un excédent de revenus de 197'539,74 francs pour l'ensemble du ménage communal.»

L'exécutif affirme avoir cherché à plusieurs reprises le dialogue avec ses détracteurs: «Malheureusement, même avec l'implication de l'autorité de surveillance, aucune base commune n'a pu être trouvée», poursuit le communiqué. Et d'ajouter: «Les attaques incessantes d'une partie de la population ont fait déborder le vase.»

Un mouvement local demandait des démissions

Le mouvement local «Pro Brienzwiler» fait partie des voix critiques de l'exécutif communal, et a régulièrement pointé du doigt les problèmes qu'il considérait comme préoccupants. Christian Schranz, membre du groupe, confirme à Blick avoir fait pression au moyen d'une pétition et demandé la démission des «conseillers municipaux fautifs», mais pas celle de l'ensemble de l'exécutif. Il s'agit de trois personnes, parmi lesquelles le président de la commune, auquel une lettre en ce sens a été adressée séparément.

D'après «Pro Brienzwiler», le changement de fiduciaire externe et le renforcement des effectifs de l'administration sont devenus bien plus coûteux pour la commune qu'auparavant. En outre, le traitement des demandes de permis de construire avance trop lentement, estime Christian Schranz.

Le groupe s'était également opposé à la limitation de vitesse à 30 km/h, mais a finalement été débouté dans le cadre de son recours. Le sujet n'est toutefois pas encore complètement réglé: «Le point de discorde réside dans les nombreuses erreurs de procédure, qui ont ici encore été commises par le même dicastère», explique Christian Schranz.

Pour le villageois, le constat est sans appel: «Il faut que les choses bougent». Le groupe «Pro Brienzwiler» se dit prêt à assumer des responsabilités et à se porter candidat au Conseil municipal. «Nous ne voulons pas seulement critiquer, mais aussi agir. Il faut un nouveau départ», conclut Christian Schranz.

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