La clairière de Champ Babau, sur les hauteurs de la commune de Veytaux, et ses châtaigniers seniors de plusieurs siècles qui y côtoient une vigoureuse relève.
Vaud
Vers un irréductible d’exception après avoir parcouru une partie du trésor arboré lausannois
Dans le courant du XVIIIe siècle, Lausanne connaît l’avènement de ce que l’on appelle ses «campagnes». Des maisons patriciennes construites initialement hors de la Cité, dotées de vastes parcs plantés d’arbres en tout genre. Des espaces qui constituent aujourd’hui un trésor arboré d’une incroyable richesse. Je vous propose de l’aborder au départ des Croisettes pour gagner ensuite Bois Murat, le bois de Sauvabelin avant de rejoindre le parc de l’Hermitage. Après avoir contemplé sa collection d’arbres d’exception, cap, via la Cité, sur le parc de Mon Repos. C’est là, à l’arrière de la maison de maître construite au XVIIIe au cœur du parc, que se trouve notre invincible. Un Ginkgo biloba issu de la plus ancienne famille d’arbres au monde qui existait déjà il y a 265 millions d’années. Le spécimen en question n’a, lui, guère plus de 160 ans et 26 mètres de haut, mais il est, compte tenu de ses antécédents, promis à un brillant et surtout très long avenir.
INFOS PRATIQUES Balade au départ de la station Croisettes du métro lausannois M2. Une randonnée d’à peine 2 heures de marche d’abord au fil du Flon, itinéraire fléché Via Jacobi, puis à travers le bois de Sauvabelin jusqu’au parc de l’Hermitage et ses arbres remarquables (prendre son temps pour les admirer). De là, via la Cité, cap sur le parc Mon Repos à la découverte de son Ginkgo biloba. A l’automne, il est impossible de le manquer tant sa parure jaune doré est flamboyante. www.lausanne.ch
En parcourant Lavaux jusqu’à l’arbre de la liberté, le platane de l’indépendance vaudoise
C’est à une petite leçon d’histoire que nous invite la randonnée du jour. Histoire d’abord du vignoble de Lavaux qui, comme partout en Europe, doit beaucoup à l’Eglise et plus particulièrement aux moines qui, dès le XIIe siècle, par un travail harassant, y ont dompté le paysage naturel pour le planter de vignes en terrasses. De Lutry à Riex en passant par Grandvaux, vous en aurez la magnifique illustration. Une balade qui vous mènera ensuite jusqu’à la place d’armes de Cully, un lieu emblématique de l’indépendance vaudoise. Le 24 janvier 1798, pour marquer la fin du joug des Bernois qui occupaient le Pays de Vaud depuis 1536, on y a planté un arbre de la liberté, en l’occurrence un platane. Aujourd’hui, 228 ans plus tard, il trône toujours sur la place plus fort que jamais, affichant fièrement ses plus de 30 mètres de haut pour un tronc de 10 mètres de circonférence et une ramure étalée sur plus de 25 mètres. Y en a point comme lui!
INFORMATIONS PRATIQUES Balade au départ de la gare de Lutry, à six minutes en train de Lausanne. Une randonnée de 2 h 30 de marche à travers le vignoble de Lavaux en suivant le parcours balisé «Terrasses de Lavaux» via Aran, Grandvaux, Riex jusqu’au Rio d’Enfer. De là, retour à Cully au bord du lac, via Moratel, jusqu’à la fameuse place d’armes où trône le célèbre platane. La rentrée à Lausanne se fait en train depuis la gare de Cully voisine. www.b-e-l.ch
Promesses de brisolée sur les hauteurs de Chillon dans l’une des dernières châtaigneraies lémaniques
Sous l’effet conjugué de la concurrence de la pomme de terre, des maladies et du changement climatique, la châtaigne, pourtant base de l’alimentation des siècles durant, a peu à peu disparu de nos paysages. En Suisse romande, les forêts uniquement composées de châtaigniers plantés par l’homme sont devenues une véritable curiosité. Une rareté à découvrir absolument sur les hauteurs du château de Chillon. Grâce aux bons soins de la municipalité de Veytaux, des châtaigniers seniors de plusieurs siècles aux imposantes dimensions y côtoient une vigoureuse relève, dans une clairière de plus de 2 hectares. Un espace d’exception appelé Champ Babau que l’on rejoint à pied exclusivement après une solide montée depuis les rives du Léman à travers la forêt qui surplombe Chillon, son château et ses viaducs vertigineux. La selve parcourue, la randonnée se poursuit toujours à travers bois, jusqu’à la minuscule gare de Valmont.
INFORMATIONS PRATIQUES Balade au départ de la gare de Montreux. Une randonnée de près de 2 h 30 de marche. On longe d’abord les quais qui bordent directement le lac jusqu’à Chillon. Une petite centaine de mètres après le château, sur la gauche, le chemin passe sous la voie de chemin de fer, traverse la route cantonale pour grimper à travers la forêt via le parcours Vita jusqu’à Champ Babau avant de rallier la petite gare de Valmont sur la ligne Montreux-Rochers-de-Naye. www.veytaux.ch
Genève
D’un bastion savoyard à l’autre mais en pleine terre genevoise, à la découverte d’un noyer hors du commun
Tout commence par une visite de l’église Saint-André qui domine le village de Choulex demeuré paroisse catholique en pleine terre calviniste par ses liens étroits avec la maison de Savoie. De là il suffit de suivre l’itinéraire «Entre Arve et lac» qui traverse le vignoble de Carre d’Aval, longe les marais de la Haute-Seymaz, file vers Lullier, monte à Jussy, revient vers Corsinge, puis quitte le parcours balisé pour rallier Meinier. Juste au dos de son église, autre bastion catholique car resté savoyard de cœur, un géant de 163 ans. Le plus vieux et le plus gros noyer hybride de Suisse. Un Juglans x intermedia, croisement entre un noyer commun et un noyer noir d’Amérique du Nord, planté là à des fins ornementales voilà bientôt deux siècles. Une splendeur de 35 mètres de haut pour une couronne de près de 115 mètres de circonférence et un tour de taille de plus de 6 mètres à 1 mètre du sol. Ses branches sont si grandes qu’elles ont pour certaines besoin de gigantesques tuteurs. Courez-y l’admirer!
INFOS PRATIQUES Balade au départ du village de Choulex à env. 40 minutes en transports publics de la gare de Cornavin. Une randonnée de 3 petites heures de marche le long de l’itinéraire «Entre Arve et lac» via Carre d’Aval, les marais de la Haute-Seymaz, Lullier, Corsinge avant de bifurquer vers Meinier et son vénérable noyer. De là, retour en 40 minutes de bus à Cornavin. www.meinier.ch
A travers les Bastions et le parc Bertrand jusqu’au parc La Grange pour saluer son cèdre du Liban
Et si vous choisissiez un dimanche matin pour entreprendre la randonnée du jour? Vous auriez alors la chance de découvrir tout ce petit monde singulier qui prend place dans les parcs genevois. Un groupe de Falun Gong en plein exercice à un jet de pierre du mur des Réformateurs, une cohorte de méditants à l’orée du parc Bertrand, les prémices d’un anniversaire sur les hauts du parc La Grange. Une joyeuse déambulation à l’ombre d’arbres tous plus magnifiques les uns que les autres, qui de la gare Cornavin vous conduira jusqu’à la villa La Grange, maison de maître un peu perdue dans les 20 hectares de ce gigantesque parc historique du même nom. C’est sur la droite de la bâtisse qu’il y a plus de 200 ans la famille Favre a fait planter un cèdre du Liban. Vraisemblablement issu des semis des cèdres de Beaulieu, cet arbre remarquable fait aujourd’hui plus de 25 mètres de haut pour un diamètre de presque 8 mètres. Une véritable splendeur.
INFOS PRATIQUES Balade au départ de la gare de Cornavin. Une randonnée de 2 bonnes heures de marche à travers une partie des parcs genevois. D’abord de la gare aux Bastions et leurs arbres vénérables, puis de là vers le parc Bertrand, les Contamines, Beaulieu jusqu’au parc La Grange par l’entrée de la route de Frontenex. A vous de découvrir comme vous l’entendez cet espace unique avec une halte indispensable au cèdre du Liban de la villa La Grange. De là, retour à pied via le quai Gustave-Ador jusqu’à la gare. www.geneve.ch
Neuchâtel
En dialogue avec l’Areuse avant une audience présidentielle
On est là au cœur du Val-de-Travers, cette vallée longitudinale du Jura neuchâtelois. Le train venu de Neuchâtel nous dépose à la bien nommée gare de Travers d’où l’on file rejoindre les berges de la douce Areuse que l’on remonte tantôt en rive droite, tantôt en rive gauche jusqu’au village voisin de Couvet. Par le sud du village, on emprunte alors le chemin didactique de la forêt de l’Envers. Un parcours qui va vous faire découvrir la spécificité d’une forêt dite jardinée, à savoir qu’on choisit, çà et là, les arbres qu’on coupe. Chemin faisant, ce sentier va nous conduire jusqu’à la sensation du jour, le plus haut sapin blanc de Suisse. Un Abies alba au titre tout sauf usurpé de «sapin président» de plus de 58 mètres de haut pour une circonférence de près de 5 mètres. La graine de ce véritable monument aurait germé en 1744 dans la forêt de l’Envers de Couvet, ce qui lui ferait théoriquement 282 ans. Une demande d’audience s’impose, vous en conviendrez.
INFOS PRATIQUES Balade au départ de la gare de Travers, à 30 minutes en train de Neuchâtel. Une randonnée de 3 bonnes heures de marche. D’abord sur les douces rives de l’Areuse, de Travers à Couvet, via les anciennes mines d’asphalte de la Presta, pour rejoindre ensuite le chemin didactique de la forêt de l’Envers de Couvet. Une boucle à travers cette forêt jardinée jusqu’au sapin président puis retour à la gare de Couvet. www.val-de-travers.ch
Sur les hauteurs du Val-de-Ruz, le tilleul des Planches, trapu mais vigoureux
En bordure d’une large plaine cultivée avec en arrière-plan de vastes forêts de feuillus et de résineux, le village de Dombresson, aujourd’hui partie intégrante de la commune fusionnée de Val-de-Ruz, est le point de départ de notre rando du jour. La route file depuis le temple pour grimper en direction des Vieux-Prés à travers la forêt du Sapet. Peu après le hameau, on prend sur sa droite via Rocherel en direction des Planches. A l’extrémité du bois, le chemin fait un angle droit. Sur votre droite, en plein pâturage, apparaît la splendeur du jour. Un tilleul trapu vieux de 200 ans, ceinturé d’un gros bourrelet qui lui donne un aspect particulier. Sa couronne est si majestueuse que deux de ses branches ont ressenti le besoin de s’appuyer au sol. Pour lui rendre hommage, le chemin qui le borde est planté d’une somptueuse rangée d’érables et de tilleuls qui vaut le détour à elle seule. De là, le chemin redescend en direction de Dombresson.
INFOS PRATIQUES Balade au départ de l’arrêt «Dombresson, temple» à 40 minutes en bus de la gare de Neuchâtel. Une boucle de 2 h 20 de marche. D’abord en montée en sous-bois sur près de 400 mètres de dénivelé en direction des Vieux-Prés, puis via Rocherel en suivant le chemin balisé jusqu’aux Planches. En quittant la forêt, le chemin fait un angle droit, le tilleul apparaît sur la droite. De là, au détour d’un corps de ferme, toujours balisé, le sentier redescend vers Dombresson et son arrêt de bus. www.val-de-ruz.ch
Au petit jardin de Philippe Suchard sur les hauteurs de Boudry
On est certes très loin des giganteum des côtes californiennes, dont certains atteignent le pourtour affolant de 34 mètres, mais les deux séquoias du Pré des Clées qui dominent les gorges de l’Areuse valent pourtant largement le détour. Ne serait-ce que parce qu’ils sont accompagnés de deux thuyas géants et d’un cèdre de l’Atlas. Mais aussi parce qu’ils sont les témoins de l’insatiable volonté d’entreprendre du chocolatier Philippe Suchard. Pour financer la réalisation des sentiers des gorges, le confiseur crée en 1876, sur leurs hauteurs, un petit jardin de la tempérance avec arbres exotiques et chalet. On y sert gratuitement une tasse de chocolat avec une miche de pain. En retour, les bénéficiaires de passage peuvent faire un don pour l’aménagement des chemins. Un spectaculaire parcours toujours très fréquenté qu’on rejoint au départ de Chambrelien pour rallier Champ-du-Moulin, en passant donc par le Pré des Clées.
INFOS PRATIQUES Balade au départ de la gare de Chambrelien à moins de 10 minutes de train de Neuchâtel. Une randonnée de près de 2 h 30 de marche d’abord en descente jusqu’au pont des Clées. Là, on rejoint le sentier des gorges de l’Areuse que l’on quitte d’abord rapidement pour grimper jusqu’au Pré des Clées et ses arbres. Retour ensuite au sentier en suivant le cours de l’Areuse jusqu’à Champ-du-Moulin, son Hôtel de la Truite, son café Rive Gauche et sa petite gare, d’où le train vous ramènera à Neuchâtel. www.gorgesdelareuse.ch
Jura
En Ajoie sur la piste d’un géant, le pin sylvestre de Vendlincourt
C’est à une chasse au trésor que je vous convie. Elle débute à la gare de Vendlincourt, en Ajoie, à une poignée de kilomètres seulement de Porrentruy. De là, plein sud, direction le chemin de l’étang qui conduit au plan d’eau où l’on produisit du brochet durant près d’une décennie. On suit alors la route forestière qui longe le petit lac sur sa gauche pour s’enfoncer dans les bois de la Côte Boinay sur plus de 1 kilomètre. Quelques mètres après l’intersection pour la route En Varonnes, on vire à droite pour un sentier herbeux que l’on suit avec attention sur moins de 400 mètres, car soudain, légèrement en retrait sur sa gauche, on va, au milieu des feuillus, découvrir notre trésor, un pin sylvestre à trois têtes, vraisemblablement le plus gros de Suisse avec ses 34 mètres de haut et ses 4,5 mètres de circonférence. Une splendeur! De là retour à l’étang puis, pour rajouter à la joie de la randonnée, on prolonge jusqu’au village voisin de Miécourt.
INFOS PRATIQUES Balade au départ de la gare de Vendlincourt, à 10 minutes en train de Porrentruy. Une randonnée en jeu de piste de près de 2 h 30 de marche facile à travers bois et champs, de la gare vers l’étang de Vendlincourt puis le long de la route forestière à la recherche de notre pin à trois têtes. De là, retour vers l’étang puis, en suivant l’itinéraire du Chemin du Jura, jusqu’au village voisin de Miécourt, à 15 minutes en transports publics de Porrentruy. www.vendlincourt.ch
En enjambant le Montchaibeux à la rencontre du chêne des Bosses, un alerte millénaire
Non, vous n’avez pas mal lu, il s’agit bien d’un chêne millénaire. Les spécialistes lui donnent même précisément 1051 ans. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut mettre bout à bout neuf hommes, bras étendus, pour faire le tour de ce chêne pédonculé tout en bosses, considéré comme le plus vieux d’Europe. Une absolue rareté de plus de 20 mètres de hauteur, classée monument historique depuis 1950 déjà. Sa longévité, il la doit certainement à son emplacement sur le pâturage de la Metteneux, bassin parcouru de petits ruisseaux en amont de Châtillon. Un petit bourg aux portes de Delémont que l’on rejoint au départ de Courrendlin, en enjambant la colline forestière du Montchaibeux plantée de feuillus et de résineux. Un petit sommet qui abrita une forteresse celte où les habitants des alentours se réfugiaient en cas de danger. La forêt traversée, le chemin descend en pente douce jusqu’à Châtillon et son illustre chêne.
INFOS PRATIQUES Balade au départ du casino de Courrendlin, à 8 minutes en bus de Delémont ou à 15 minutes de Moutier. Une randonnée de 2 h 30 de marche, via le sentier de randonnée pédestre – panneau jaune – en direction de Châtillon, d’abord pardessus le Montchaibeux, sa forêt, son minuscule étang mystérieux, puis à travers champs jusqu’au chêne millénaire des Bosses sur les hauts de Châtillon. On peut prolonger la randonnée par une petite boucle via le Bambois. De Châtillon, retour en 15 minutes de bus vers Delémont. www.chatillon.ch
Valais
Sous l’œil des cinq 4000, les triplés d’Anniviers
Les coureuses et coureurs de la célébrissime chevauchée Sierre-Zinal n’ont certainement pas conscience de croiser sur leur parcours une véritable rareté sylvestre. Ils sont tout excusés, car même les gens de la région l’ignorent. Peu après l’alpage de Rouaz, à une cinquantaine de mètres en amont du chemin, se cache un incroyable triplé. Trois arbres soudés à leur base par les hasards de la naissance. Selon un éminent dendrologue, vers 1654, un mélèze y aurait germé, rejoint 110 ans plus tard par un premier arolle, puis 45 ans après par un second arolle. Aujourd’hui, l’ensemble a des allures de singulier mais magnifique triplé, dont on a bien de la peine à déterminer lequel des arbres est le précurseur. Le tout perdu dans une forêt d’arolles comme on n’en voit plus. Encore tout empreint de cette joyeuse singularité, on retrouve le parcours de Sierre-Zinal jusqu’à Combavert pour plonger ensuite sur Saint-Luc par les cascades de Vuibiesse et le Prilet.
INFOS PRATIQUES Balade au départ de Chandolin-télésiège, à 1 heure en car postal de la gare de Sierre. Une randonnée de 3 bonnes heures de marche dont plus de 600 mètres de descente. Du départ du télésiège, on rejoint le parcours de la course Sierre-Zinal pour poursuivre en direction de Tignousa, Combavert. A l’intersection du petit sentier qui vient de l’alpage de Rouaz, on remonte une dizaine de mètres sur la gauche pour grimper en ligne directe 50 mètres plus haut vers les triplés. www.valdanniviers.ch
Une traversée de plusieurs siècles parmi les mélèzes de la Hittuwald au-delà du Simplon
Oubliez le Simplon, son aigle mythique, son hospice, ses nuées de motards. C’est à Niederalp, en contrebas du col, que débute notre randonnée. On commence par emprunter la Via Stockalper jusqu’à Egga pour partir sur la gauche, enjamber la Diveria et la route du col, traverser la Gruebuwald afin de rejoindre le bisse de Chrummbacheri. Un délicieux filet d’eau qui court à flanc de coteau en face de Simplon Dorf. Un chemin qui va nous conduire jusqu’à l’incroyable Hittuwald. C’est là que se trouvent les plus vieux mélèzes de Suisse et vraisemblablement d’Europe. Une succession d’extraordinaires spécimens tous plus différents les uns que les autres affichant de 700 à 850 ans au compteur. Le plus vieux d’entre eux, le bien nommé Patriarche, un peu à l’écart des autres, plus haut dans la pente, serait sur le point d’atteindre les 1100 ans! On en reste sans voix, mais pas sans jambe, pour rallier Gabi plus bas dans la vallée, notre arrivée du jour.
INFOS PRATIQUES Balade au départ de Niederalp Hospiz, à 50 minutes en bus de la gare de Brigue. Une randonnée de 2 h 30 de marche en direction de Gabi. Le chemin emprunte d’abord la Via Stockalper jusqu’à Egga, rejoint ensuite le bisse de Chrummbacheri pour longer l’incroyable forêt de Hittuwald et ses mélèzes séculaires, dont le fameux Patriarche. Arrivé à Heji, le chemin plonge en direction de Gabi, d’où l’on reprend le car postal pour revenir à Brigue. www.brig-simplon.ch
Berne
En remontant le canal de Nidau à la rencontre du curieux tulipier d’Orpond
Afin de mieux réguler l’écoulement des eaux des lacs de Neuchâtel, de Bienne et de Morat, en 1868 déjà, on creuse un canal entre Nidau et Büren an der Aare. C’est cette voie d’eau que, au départ de Bienne, on va longer en rive gauche pour notre balade du jour. On suit l’itinéraire du chemin Seeland/Soleure, d’ailleurs planté de toute une série d’arbres spectaculaires, jusqu’à la hauteur d’Orpond. Là, on franchit le canal par un petit pont pour rejoindre l’ancien couvent de Gottstatt. A l’arrière de l’édifice trône un incroyable tulipier planté on ne sait par qui à la fin du XVIIIe siècle déjà. Un spécimen à la base très particulière, un renflement de plus de 10 mètres de diamètre qui serait dû au câble qu’on y aurait accroché afin d’arrimer les embarcations qui franchissaient le canal. La suite du tronc n’est pas en reste, plus de 5 mètres de circonférence, pour près de 30 mètres de haut. Ce monument naturel admiré, la randonnée se poursuit jusqu’à Mett.
INFOS PRATIQUES Balade au départ de la gare de Bienne. Une randonnée de 3 h 15 de marche. D’abord le long de la rive gauche du canal de Nidau que l’on remonte tranquillement jusqu’à la hauteur d’Orpond – itinéraire chemin Seeland/Soleure. Le canal traversé, halte bien évidemment au tulipier du couvent de Gottstatt. On poursuit par les hauts d’Orpond en longeant sa forêt aux sapins et tilleuls impressionnants jusqu’à la gare de Mett/Mâche. www.orpund.ch
Fribourg
A la recherche d’un houx millénaire dans les contreforts du Gibloux
La curiosité du jour se trouve certes sur les terres communales de Pont-en-Ogoz, mais pour la rejoindre on part en balade depuis Vuisternens-en-Ogoz. On va donc jouer à saute-mouton entre Sarine et Gruyère en empruntant d’abord le parcours balisé de «Fribourg en diagonale», le quitter pour rejoindre le Bornalet, longer la forêt et la traverser direction Les Coûtes. De là, le chemin redescend sur la gauche en direction du Chano. A la hauteur de l’Etrua, on bifurque toujours à droite sur près de 500 mètres. Sur la gauche, à la limite du No 28 de la rue, tout en discrétion, notre rareté, un houx millénaire, dit le Protégé. Un arbuste devenu arbre à part entière, affichant près de 10 mètres de haut, incroyable pour un houx, et un diamètre de plus de 70 cm, couvert encore, malgré son âge vénérable, de feuilles piquantes si caractéristiques et de baies. Il pourrait s’agir du plus vieux spécimen d’Europe. De là, en revenant sur la ferme de l’Etrua, retour vers Vuisternens-en-Ogoz.
INFOS PRATIQUES Balade au départ de Vuisternens-en-Ogoz, à 40 minutes en bus de la gare de Fribourg. Une randonnée en boucle de 2 bonnes heures de marche pour 300 mètres de montée et autant de descente. Suivre d’abord le parcours de «Fribourg en diagonale» puis le quitter en direction de Bornalet, traverser sa forêt et descendre sur Chano, partir à droite jusqu’à l’Etrua et son houx, puis revenir à Vuisternensen-Ogoz pour un possible retour à Fribourg en bus. www.pont-en-ogoz.ch
En Sarine pour observer un rescapé de la graphiose, l’orme du Mont d’Amont
Matériau prisé des siècles durant pour la charpente, la menuiserie et l’ameublement, l’orme a longtemps été aussi présent que le chêne ou le tilleul dans toute l’Europe. Mais dès 1930, cet arbre est attaqué par un champignon mortel, la graphiose. Avec la complicité d’un insecte qui le propage, ce champignon va, en quelques décennies, totalement décimer ce feuillu. Les ormes âgés sont donc une vraie rareté. Une quasi-exception dont peuvent s’enorgueillir les monts de Treyvaux en Sarine. Probablement planté en 1799 déjà, un orme de montagne de plus de 30 mètres de haut pour plus de 5 mètres de tour de taille joue la fière sentinelle pour la ferme attenante au Mont d’Amont. Un arbre remarquable qu’on atteint au départ du village de Treyvaux en grimpant par le chemin de randonnée pédestre via le Mont d’Avau puis celui d’Amont; l’orme, que vous ne pouvez louper, se trouve sur votre gauche. La balade se poursuit ensuite via la Combert et sa forêt pour un retour à Treyvaux.
INFOS PRATIQUES Balade au départ du village de Treyvaux, à 30 bonnes minutes de bus de la gare de Fribourg. Une boucle de près de 2 h 30 de marche pour plus de 400 mètres de montée et autant de descente. Le chemin balisé passe d’abord par le Mont d’Avau puis revient vers le Mont d’Amont et son orme remarquable, pour grimper à la Combert avant de rejoindre Treyvaux via la Perrausa, le Sapalé et le Marais. Retour à Fribourg en bus. www.treyvaux.ch
Cet article a été publié initialement dans le n°39 de «L'illustré», paru en kiosque le 24 septembre 2026.
Cet article a été publié initialement dans le n°39 de «L'illustré», paru en kiosque le 24 septembre 2026.