Moov Airways n’est pas une nouvelle compagnie aérienne. Elle a vu le jour en 2020, après l’échec du projet Swiss Skies. Son cofondateur, Alvaro Oliveira, connaît bien le secteur aérien: l’ancien pilote de Ryanair a remanié l’équipe et donné un nouveau nom à la start-up. A l’époque, l’objectif était de faire de Bâle le point de départ des vols long-courriers de la compagnie.
Six ans plus tard, la compagnie, dont le siège se trouve à Lugano (TI), n’a toujours pas décollé. Mais elle semble connaître un nouvel élan, comme le rapporte le portail spécialisé Aerotelegraph. Moov Airways souhaite désormais faire du Cap-Vert sa plaque tournante. Depuis cet archipel, Alvaro Oliveira veut relier les trois grands marchés que sont l’Europe, l’Afrique et l’Amérique latine.
L’ambition est de taille: transporter deux millions de passagers par an, en plus du fret. A titre de comparaison, Swiss transporte environ 16,5 millions de passagers chaque année.
Commande de plusieurs «aérotaxis»
Moov Airways ne mise toutefois pas uniquement sur les avions de ligne. En juillet, la compagnie a signé une lettre d’intention pour l’achat de jusqu’à 30 appareils eVTOL, des taxis aériens électriques à décollage et atterrissage verticaux. Ces appareils, à mi-chemin entre l’hélicoptère et l’avion, doivent permettre à la start-up suisse de proposer des vols touristiques, des liaisons de navette ainsi que des vols régionaux en Europe et au Cap-Vert.
Le modèle de taxi aérien que souhaite exploiter Moov Airways n’a pas encore de prix catalogue public. Les experts estiment toutefois son coût entre 1 et 5 millions de francs par appareil.
Moov Airways s’intéresse à Cabo Verde Airlines
Pour éviter que son projet ne connaisse le même sort que Swiss Skies, la direction de Moov Airways multiplie désormais les démarches concrètes. A Praia, la capitale du Cap-Vert, Alvaro Oliveira et son équipe ont récemment rencontré le Premier ministre Francisco Carvalho ainsi que le ministre des Transports João do Carmo Brito, rapporte Aerotelegraph.
A cette occasion, la start-up suisse a notamment fait part de son intérêt pour Cabo Verde Airlines. La compagnie nationale cap-verdienne traverse actuellement une situation financière difficile. Selon le gouvernement, plusieurs options sont à l’étude: une réorientation de l’entreprise, la conclusion de partenariats ou même l’arrêt de ses activités.
Le précédent Swiss Skies
Alvaro Oliveira ne veut pas que sa start-up connaisse le même destin que son prédécesseur, Swiss Skies. Lancé en 2018, ce projet suisse ambitionnait lui aussi de proposer des vols long-courriers au départ de Bâle et de Lugano, avec des tarifs annoncés comme 30% inférieurs à ceux de la concurrence. Les responsables de Swiss Skies espéraient lever 100 millions de dollars auprès d’investisseurs. Leur projet prévoyait l’exploitation de 38 Airbus A321LR et l’engagement de 1900 employés au bout de quatre ans.
Mais rien ne s’est passé comme prévu. Les financements nécessaires n’ont jamais été réunis et les investisseurs se sont retirés les uns après les autres. Alvaro Oliveira, lui, est resté. Six ans après la création de Moov Airways, il tente à nouveau de faire décoller son rêve de compagnie aérienne suisse.