Un habitant du Jura bernois sera expulsé de Suisse pendant cinq ans et condamné à 16 mois de prison dont 6 mois ferme pour avoir mis en danger la vie d'autrui, a confirmé le Tribunal fédéral dans un arrêt publié jeudi. Il avait saboté les freins de la voiture de son rival en amour.
Deux hommes se disputaient les faveurs d'une jeune femme. Un soir d'août 2020, après sa séance de boxe, l'un des deux avait aperçu la voiture de son rival parqué devant l'immeuble de leur dulcinée.
Il avait alors sectionné les câbles du frein avant droit de la voiture. Quand le rival était rentré chez lui, il avait roulé 500 mètres avant de freiner pour laisser la priorité à un piéton. Il avait alors remarqué que sa voiture ne freinait plus normalement et avait dû appuyer par deux fois et très fortement sur les freins pour que la voiture puisse heureusement s'arrêter avant le passage piéton.
Le rival avait alors pensé à une perte d'huile et était rentré chez lui au ralenti. Ce n'est que le lendemain qu'il a ajouté de l'huile au système de freinage, sans amélioration. Il s'était ensuite rendu chez un garagiste qui avait confirmé le sabotage et estimé le dommage à 250 francs. L'auteur de l'infraction, un ressortissant italien âgé actuellement de 54 ans, a interjeté recours de sa condamnation au Tribunal fédéral. Les juges fédéraux ont confirmé le verdict des juges cantonaux sur toute la ligne.
Il voulait faire porter le chapeau à son rival
Le Tribunal fédéral n'a ainsi pas prêté foi aux explications du recourant, qui prétendait que les câbles du frein avaient été coupés par son rival, afin de lui faire porter le chapeau. Les juges n'ont pas non plus retenu l'alibi fourni par son fils, qui prétendait avoir emprunté la voiture de son père au moment des faits, pour se rendre dans un autre canton acheter un kebab.
Quant à l'expulsion, les juges cantonaux avaient relevé que si le recourant est né en Suisse, son intégration restait «mitigée»: il travaillait dans l'entreprise de ses enfants à 50% afin de toucher un salaire inférieur au minimum vital pour éviter les poursuites. Ses dettes, notamment à l'aide sociale, s'élevaient à plus de 300'000 francs. Son casier judiciaire mentionne d'ailleurs une escroquerie à l'aide sociale.
Enfin, il a gardé des liens avec l'Italie, s'y rendant une à deux fois par an, et ayant de la famille dans plusieurs régions. Ses enfants sont majeurs et ne nécessitent pas d'assistance particulière. Quant à son épouse, dont il avait divorcé en 2019, elle s'est remariée avec lui trois semaines avant l'audience d'appel. Le Tribunal fédéral, au vu de ces éléments, a ainsi confirmé l'expulsion.