Les propositions du Conseil fédéral visant à renforcer l'intégration professionnelle des personnes relevant du domaine de l'asile ont reçu un large soutien lors de la consultation. Seule l'UDC s'y est opposée, selon les prises de position publiées à l'issue de la procédure, qui s'est achevée lundi.
Le Conseil fédéral souhaite encourager l’activité professionnelle des personnes relevant du domaine de l’asile et des étrangers et renforcer leur intégration de manière ciblée. Les personnes bénéficiant d’une protection provisoire devraient ainsi être davantage intégrées dans les structures d’intégration existantes. Les cantons pourront en outre financer des mesures d’intégration au moyen de subventions fédérales avant même qu’une décision ne soit rendue sur une demande de protection.
Seule l’UDC s’oppose au projet. Selon le parti, cette modification de l’ordonnance revient à pérenniser le séjour en Suisse des personnes bénéficiant d’une protection provisoire. Au lieu de supprimer des incitations inopportunes, elle les renforcerait encore. Le Conseil fédéral a perdu de vue l’objectif de retour inhérent au statut de protection S, écrit l’UDC. Si une activité lucrative doit être encouragée afin de soulager les finances publiques, cela ne doit pas remettre en cause le caractère temporaire de la protection, estime le parti.
Approbation du PLR au PS
Le Centre soutient le projet dans le cadre de la procédure de consultation, qui s’est achevée lundi. Le parti salue notamment l’introduction définitive de l’apprentissage préparatoire à l’intégration, dont un projet pilote a démontré l’efficacité. Cette mesure permet de préparer les adolescents et jeunes adultes étrangers arrivés tardivement en Suisse à un apprentissage professionnel. Il souligne toutefois qu’il convient de préserver le caractère temporaire du statut de protection S, axé sur le retour dans le pays d’origine.
Le PLR approuve lui aussi le projet sur le fond. Il insiste toutefois sur la nécessité de faire preuve de retenue dans l’extension des mesures d’intégration aux demandeurs d’asile relevant de la procédure élargie. Ces mesures ne doivent pas conduire de facto à préparer à un séjour de longue durée des personnes qui ne disposent pas d’un droit de séjour garanti, écrit le parti.
Le PS estime que le projet améliore l’accès aux mesures d’intégration et à l’emploi pour les personnes ayant besoin de protection ainsi que pour les demandeurs d’asile. Il se réjouit notamment que les cantons puissent à l’avenir financer des mesures d’intégration pour les demandeurs d’asile relevant de la procédure élargie. Il craint toutefois que le caractère facultatif de cette possibilité n’entraîne une mise en œuvre hétérogène selon les cantons.
Pour l'association Insertion Suisse, le projet revêt une importance capitale en matière d’intégration professionnelle. Plus les potentiels sont identifiés tôt, les compétences linguistiques développées, les parcours de formation préparés et l’accès au marché du travail facilité, plus les chances d’une intégration professionnelle et sociale durable sont élevées, écrit l’association faîtière dans sa prise de position.