Heureusement, il n'y a pas eu de morts. Mais les 232 passagers et 13 membres d'équipage qui ont dû être évacués en urgence de l'Airbus A330-343 de Swiss dimanche à New Delhi ont eu chaud: explosion, flammes et toboggans d'évacuation pour éviter le drame. «Nous étions tous très effrayés», a résumé Tsering Margey qui était à bord du vol LX147 à destination de Zurich. De nombreuses questions concernant les circonstances de l'incident restent encore sans réponse. Blick a demandé son avis à Hansjörg Egger, expert en aviation.
Que s'est-il passé ?
Peu après 1h du matin, un Airbus A330 accélérait sur la piste de l'aéroport international Indira Gandhi lorsqu'il a rencontré un problème de moteur. Des passagers ont rapporté avoir entendu une détonation et vu de la fumée. Le décollage a été interrompu, l'appareil s'est immobilisé en toute sécurité et les toboggans d'évacuation ont été déployés pour quitter l'appareil.
Pour Hansjörg Egger, une chose est claire: «Les pilotes ont agi comme il faut.» Un incendie de moteur est généralement sans gravité, mais paraît spectaculaire. «Les pilotes sont préparés à ce genre de situation, ils s’entraînent également sur des simulateurs.»
Qu'est-ce qui a pu provoquer l'explosion ?
Une enquête est en cours pour faire la lumière sur cet incident. Swiss a dépêché des spécialistes à New Delhi. Hansjörg Egger avance des hypothèses: «On peut imaginer qu'un objet ait été aspiré lors de l'accélération», comme un oiseau ou un objet sur la piste. Un défaut du moteur est également envisageable. «Cela pourrait aussi provoquer une détonation.»
Comment est prise la décision d'évacuer?
Les pilotes doivent prendre des décisions en quelques minutes, raconte le spécialiste. «Dans un premier temps, tous les systèmes ont probablement été mis hors tension. Ensuite, ils ont été vérifiés.» Il insiste sur l’importance de garder son calme. «Lors d’une évacuation, il est crucial que l’équipage reste imperturbable.» La précipitation augmente les risques de problèmes. «Cela peut entraîner des blessures telles que des fractures et des écorchures.»
A New Delhi, outre les toboggans d'évacuation, un escalier a également été utilisé. Ce qui interpelle l'expert. «Je me demande pourquoi les toboggans d'évacuation ont été déployés alors que l'escalier de l'appareil aurait pu être emprunté, éliminant ainsi tout risque de blessure. Il n'y avait manifestement aucune nécessité immédiate d'évacuer l'avion.» Swiss ne s'est pas encore exprimé sur ce point.
La compagnie aérienne explique que l'équipage a d'abord procédé à une analyse de la situation avant de lancer l'évacuation. «Il s'agit toujours d'une situation exceptionnelle, tant pour les passagers que pour nos équipages. Ce qui est déterminant, c'est qu'en cas de doute, nous mettons la priorité sur la sécurité », déclare Oliver Buchhofer, directeur des opérations chez Swiss, interrogé par Blick.
Les collaborateurs ont tous suivi une formation intensive concernant cette procédure. «Nous sommes conscients que de telles situations peuvent susciter de vives émotions, même chez les personnes qui n’ont pas été directement touchées», souligne Oliver Buchhofer.
Comment vont les blessés ?
Trois passagers ont quitté l'hôpital, tandis qu'un autre est toujours hospitalisé, a indiqué Swiss dans un communiqué publié lundi. Les membres d'équipage basés à Zurich sont rentrés au bord de la Limmat lundi matin. Ceux qui résident à New Delhi se portent bien et sont restés dans la capitale indienne. «Ils continueront de recevoir le soutien de leurs supérieurs et des spécialistes si nécessaire.»
Comment se porte l'équipage ?
Cet incident a également constitué une situation exceptionnelle pour l'équipage. «Une expérience traumatisante, a expliqué Silvia Exer-Kuhn, porte-parole de Swiss. Chacun réagit différemment à ce genre de problème. Il est important pour nous que notre équipage ne soit pas seul face à cette situation. Nous sommes à leurs côtés, nous les écoutons et nous les soutenons, notamment en leur proposant une aide psychologique s'ils le souhaitent.»
Que va-t-il se passer pour la suite?
L'appareil en question se trouve toujours en Inde. «Nous attendons actuellement l'autorisation des autorités indiennes. Une équipe de techniciens suisses examinera ensuite minutieusement le moteur et déterminera si son remplacement est nécessaire», indique le communiqué. On ignore pour l'instant quand, et si, l'Airbus A330 pourra regagner Zurich.
Parallèlement, un groupe de travail a été mis en place. Ce groupe de travail rassemble tous les services concernés par cet incident, tels que les opérations aériennes, le service technique, le service de sécurité, le service clientèle, les responsables du cockpit et de la cabine, le service de communication, ainsi que d'autres personnes impliquées.