Un été catastrophique
Le nouveau contrôle aux frontières sème le chaos dans les airs

Les aéroports européens et compagnies aériennes dénoncent les nouveaux contrôles automatisés aux frontières de l'UE, responsables de files d'attente de cinq heures et d'avions à moitié vides. Une lettre a été adressée à Ursula von der Leyen.
Jusqu'à cinq heures d'attente à cause des passeports biométriques.
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ATS Agence télégraphique suisse

Des files d'attentes de plusieurs heures, des passagers ratant leurs vols et des avions décollant à moitié vides: les aéroports européens et compagnies aériennes ont vivement critiqué mercredi les nouveaux contrôles automatisés aux frontières de l'UE. Ils exigent des aménagements pour les vacances d'été. «Nous avons atteint un point critique», ont-ils alerté dans une missive adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

L'UE et les pays de l'espace Schengen, dont la Suisse, ont lancé à l'automne un nouveau système pour enregistrer les voyageurs non européens arrivant sur le territoire européen. Il remplace le tampon manuel sur le passeport et permet d'enregistrer les coordonnées et données biométriques des voyageurs, tout comme leurs dates d'entrée et de sortie, afin de suivre les dépassements de séjour et les refus d'entrée.

A écouter les aéroports européens et compagnies aériennes, sa mise en place est toutefois catastrophique et les fait subir une «pression insoutenable». Dans leur lettre à Bruxelles, ils évoquent des files d'attente aux frontières «pouvant désormais atteindre jusqu'à 5 heures aux heures de pointe». «Les passagers ont déjà été contraints de faire la queue de longues heures à l'extérieur des terminaux et sur des aires de stationnement, car les services de contrôle aux frontières ne parviennent pas à traiter les arrivées assez rapidement», écrivent-ils.

40 millions de passagers

Afin de gérer cette situation durant les vacances d'été, qui devraient voir transiter jusqu'à 40 millions de passagers supplémentaires, ces organisations demandent que ces nouveaux contrôles puissent être entièrement suspendus en cas de forte affluence.

Sollicité sur cette lettre, un porte-parole de la Commission européenne a assuré que l'impact de ce nouveau système restait «limité» dans la plupart des aéroports européens et rappelé que les Etats membres de l'UE avaient consenti à cette réforme. «Nous allons convoquer une nouvelle réunion avec les représentants du secteur, qui se tiendra dans les prochains jours», a-t-il précisé.

Six aéroports suisses sont membres de l'association faîtière européenne ACI Europe, signataire de la lettre, dont ceux de Genève, Zurich, Bâle-Mulhouse, Lugano, Sion et St-Gall/Altenrhein. Le groupe Lufthansa, maison mère de la compagnie Swiss, est lui membre de l'association Airlines for Europe (A4E), également signataire.

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