En une semaine, deux «Swiss Open» se déroulent en parallèle dans notre pays. Le premier se déroule dans les Alpes bernoises, à Gstaad, où les stars du tennis comme Stan Wawrinka, Casper Ruud ou Stefanos Tsitsipas tapent la petite balle jaune en altitude. Moins connu du grand public, le Swiss Open Geneva n'en attire pas moins du très beau monde. Sur les courts du TC Drizia Miremont, du 14 au 18 juillet, les meilleurs joueurs et joueuses de tennis-fauteuil du monde se retrouvent au bord de l'Arve.
Cette année encore, l'affiche est belle pour ce WC 500 (équivalent d'un ATP 500), avec cinq membres du top 10 masculin et six du top 15 féminin présents dans les tableaux.
Stéphane Houdet comme à la maison
Parmi ces para-athlètes de première catégorie: la légende française Stéphane Houdet, 55 ans, présent dans le top 10 depuis vingt ans, vainqueur de 24 titres du Grand Chelem (dont 4 en simple) et trois titres olympiques. «Je suis toujours ravi de revenir ici, c’est fabuleux. J’ai longtemps habité derrière ces montagnes, dans la vallée du Grésivaudan», commence celui qui dit adorer observer les parapentes volant depuis le haut du Salève.
Vainqueur du Swiss Open à quatre reprises en simple et à six reprises en double, l'infatigable athlète se sent presque comme à la maison sur les courts du TC Drizia, faits d'une «très bonne terre battue» d'après lui. S'il revient presque chaque année sur le tournoi genevois, c'est entre autres grâce au prize money (36'000 dollars en tout), plus élevé que sur les tournois de même catégorie. Mais c'est aussi et surtout pour l'esprit familial qu'il retrouve au sein de l'organisation.
«Pour moi, c'est un exemple de transmission», sourit l'actuel No 6 mondial en mentionnant le comité, rajeuni autour de la période du Covid. «Le président du Swiss Open a commencé comme ramasseur de balles, puis est devenu chef des ramasseurs, avant de s'impliquer dans l'organisation et de devenir président du comité, retrace Stéphane Houdet. C'est une façon très noble de transmettre, cette culture d'avoir mis les mains dans le cambouis à chaque poste.»
Plusieurs centaines de personnes pour les finales?
Sebastian Mozer, justement, préside le Swiss Open depuis 2019. À l'heure de l'édition 2026, le jeune homme de 29 ans se veut heureux: avec 85 joueurs et joueuses engagés, tous les tableaux sont pratiquement pleins. «On n'avait pas eu autant d'athlètes inscrits depuis longtemps», se satisfait-il. Surtout, le gratin de la discipline a répondu présent. «Parmi tous ces athlètes, vingt étaient à Wimbledon la semaine passée, à s'entraîner dans la même salle que Djokovic, déclare Sebastian Mozer. Ça témoigne de l’attractivité du tournoi sur le circuit international.»
Si le Swiss Open Geneva est attractif pour les joueurs, il veut également le devenir pour les spectateurs. Vendredi, seuls quelques dizaines de curieux (dont plusieurs bénévoles) observaient les premiers matches sur le court principal. «Pour les événements de parasport, attirer du monde est un challenge», admet le président.
Mais pour celui qui revient de Wimbledon – où il a assisté à la finale du tournoi «wheelchair» – rien n'est impossible. «10’000 personnes avaient pris un billet spécialement pour le tennis-fauteuil. Il y a un vrai engouement!», s'enthousiasme Sebastian Mozer, qui attend plusieurs centaines de personnes pour la journée des finales, samedi. Le Genevois est convaincu du potentiel de ce sport, qui impressionne souvent depuis les tribunes. «Quand on découvre la discipline pour la première fois, on revient», affirme-t-il. Celui qui a commencé au Swiss Open enfant, en tant que ramasseur de balles, en sait quelque chose.