En bref
- La saison de ski sera une nouvelle fois placée sous le signe du duel entre la Suisse et l’Autriche
- Avant le début de l’hiver, l’Autriche lance un défi clair: redevenir la première nation mondiale
- Chez les hommes comme chez les femmes, elle dispose de sérieux atouts pour rivaliser avec la Suisse
Suisse contre Autriche: c’est l’éternel duel de la Coupe du monde de ski. Au cours des sept dernières années, les stars suisses ont terminé six fois devant leurs rivaux autrichiens au classement des nations, dont les quatre dernières saisons consécutivement.
Mais l’Autriche entend bien inverser la tendance. Son objectif est clair: redevenir la première nation mondiale du ski. «Nous y travaillons dur!», assure la présidente de l’ÖSV, Roswitha Stadlober, à la Krone. «Je suis convaincue que nous y arriverons à nouveau.»
Marko Pfeifer, l’entraîneur en chef de l’équipe masculine, estime lui aussi que les Suisses peuvent être davantage bousculés. «Nous avons la qualité nécessaire pour remporter des victoires dans toutes les disciplines. Nous devons aussi afficher cette mentalité. Les globes et les médailles viendront alors d’eux-mêmes.»
«Vinc est en pleine forme»
Même en descente, les Autrichiens pensent pouvoir rivaliser avec Marco Odermatt, Franjo von Allmen et compagnie. «Vinc est en pleine forme, il s’entraîne comme un jeune. Je pense qu’il est capable de tout», affirme Marko Pfeifer à propos du leader de l’équipe, Vincent Kriechmayr. Après quelques hésitations, le skieur a décidé au printemps de prolonger sa carrière d’une saison supplémentaire. Il est le dernier Autrichien à avoir remporté une descente de Coupe du monde, en mars 2023 puis en mars 2026.
Vincent Kriechmayr ne sera pas le seul à tenter de faire de l’ombre à Marco Odermatt. Marco Schwarz sera lui aussi de la partie. Il a annoncé qu’il renoncerait désormais au slalom pour se concentrer sur le géant et les disciplines de vitesse. La domination d’Odermatt ne semble pas l’inquiéter dans la course au classement général. «Je sens qu’il me reste encore beaucoup de potentiel», estime-t-il. En d’autres termes, l’Autrichien croit toujours en ses chances de décrocher le gros globe de cristal.
Le directeur sportif de l’ÖSV, Mario Stecher, explique que son équipe avait déjà comblé une partie de son retard la saison dernière. La réduction de l’écart au classement des nations en témoigne: il était de 3364 points en 2024/25, contre 706 seulement lors du dernier hiver.
Une dernière saison difficile pour Cornelia Hütter
Pour remporter le classement des nations, l’Autriche devra aussi compter sur les points de ses skieuses. L’hiver dernier, les Autrichiennes ont récolté 606 points de plus que les Suissesses. Julia Scheib a notamment remporté le globe du géant devant Camille Rast.
Une autre rivale de Camille Rast et de Wendy Holdener s’apprête à faire son retour. Victime d’une déchirure du ligament croisé en janvier, Katharina Liensberger a retrouvé les skis. Les premières courses de la saison arriveront toutefois trop tôt pour elle. Elle poursuit son travail en vue de son retour à la compétition.
L’Autriche pourra encore compter une saison sur les points de Cornelia Hütter. Mais la skieuse, troisième du super-G aux Jeux olympiques, regrette une chose: aucune course n’est prévue à domicile au calendrier. «C’est évidemment dommage. Je me réjouissais déjà à l’idée d’y participer», confie-t-elle à la Krone.
En revanche, les Championnats du monde auront lieu en Suisse. Ou, comme le résume Marko Pfeifer, «dans la tanière du lion». A Crans-Montana, les Autrichiens espèrent gâcher la fête des Suisses. La légende du ski Michaela Kirchgasser (41 ans) se montre optimiste dans les colonnes de la Krone: les retours des entraînements sont nombreux et positifs. Elle va même jusqu’à avancer une prédiction: «Nous remporterons sept médailles.»