L’autre vie du champion
Pourquoi Franjo von Allmen ne veut pas renoncer à la moto malgré les risques

Triple champion olympique, Franjo von Allmen est aussi passionné de moto. Entre motocross et courses extrêmes, le Bernois assume les risques et voit dans cette activité un atout pour le ski.
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En dehors de la saison de ski, Franjo von Allmen s’adonne à sa passion pour la moto.
Photo: zVg / Red Bull
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Matthias Dubach

Franjo von Allmen est l’un des skieurs les plus talentueux au monde. Triple champion olympique et champion du monde de descente, le Bernois adore son métier sur les pistes. Pourtant, à l’approche de la nouvelle saison de Coupe du monde, il éprouve un petit pincement au cœur.

La raison? Sa passion dévorante pour la moto, dont il profite pleinement pendant les mois d'été, mais qu’il doit naturellement mettre de côté dès le début de l’hiver. «Je n’ai en tout cas pas passé mes vacances à la plage», a récemment lancé le skieur originaire de Boltigen (BE), lors de la journée médiatique de Swiss-Ski, en évoquant sa pause estivale.

Franjo von Allmen s’est certes rendu en Grèce après la saison, mais pas pour se prélasser sur la plage. Il en a profité pour explorer les chemins tout-terrain à moto avec des amis.

«Personne ne me l’a encore interdit»

A cela s’ajoutent plusieurs sorties sur des pistes de motocross, en Suisse comme à l’étranger, ainsi qu’une participation à l’Erzbergrodeo, l'une des courses de moto d'enduro extrême les plus difficiles et les plus réputées au monde. «Personne ne me l’a encore interdit», sourit Franjo von Allmen. «Même si tout le monde n’est certainement pas enthousiaste. Je suis bien conscient qu’il existe un risque de blessure plus élevé que dans d’autres sports.»

Le champion olympique tient toutefois à préciser que ses escapades à moto ne se font pas dans le dos de ses entraîneurs de Swiss-Ski. «Je communique toujours de manière transparente.» Il ne compte d’ailleurs pas renoncer à cette passion à l’avenir. «Je ne veux pas y renoncer, car cela m’aide aussi dans plusieurs domaines», explique-t-il. D’abord, la moto lui permet de décrocher complètement. Pour lui, enfourcher sa machine et partir à toute vitesse est synonyme de liberté absolue.

Préparation pour l'hiver

Ensuite, ses aventures sur deux roues lui servent aussi de préparation pour l’hiver. «Je peux en tirer profit pour le ski», estime Franjo von Allmen. Garder l’équilibre est essentiel aussi bien sur deux skis qu’au guidon d’une moto. «Dans les deux cas, on a peu de points de contact avec le sol et il faut réagir rapidement. Le motocross est aussi un excellent entraînement d’endurance, qui sollicite les muscles de tout le corps.»

En Autriche, lors de l’Erzbergrodeo, le champion olympique s’est qualifié pour la course principale et a terminé à une remarquable 264e place, malgré la difficulté du parcours rocailleux. «Bien sûr, on m’a reconnu de temps en temps. Mais c’était agréable de ne pas être au premier plan pour une fois», raconte-t-il. Voilà aussi pourquoi Franjo von Allmen regrettera un peu sa moto lorsque l’hiver et la saison de ski reprendront leurs droits.

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