Paul Seixas chez Q36.5?
Tudor investit dans l'avenir du cyclisme suisse

NSN, Q36.5 et Tudor Pro Cycling: le cyclisme professionnel compte trois équipes suisses. Mais seule une d'entre elles s'engage durablement pour faire progresser le cyclisme helvétique.
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Tudor est la formation suisse qui investit le plus dans le cyclisme hélvète.
Photo: keystone-sda.ch
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Mathias Germann

Triste record au Tour de Suisse, où seuls quatre coureurs hélvètes étaient au départ de la dernière édition, un chiffre jamais atteint en 89 ans d’histoire de l’épreuve. Pourtant, trois équipes suisses figuraient dans le peloton. Mais alors, comment expliquer un tel paradoxe?

La NSN Cycling Team n’a de suisse que le nom. Elle est née des cendres d’Israel-Premier Tech, après que l’équipe a subi des pressions liées au conflit au Proche-Orient. Derrière NSN se trouvent la société de divertissement Never Say Never et la société d’investissement genevoise Stoneweg. Pourtant, ni parmi les 21 coureurs de l’effectif, ni au sein de la direction ou du staff, on ne compte le moindre Suisse.

Pinarello Q36.5 et Tudor Pro Cycling sont, elles, bien plus connues. Les deux formations ont déjà les yeux tournés vers le Tour de France, qui débutera samedi par un contre-la-montre par équipes à Barcelone. Ces dernières semaines, elles ont toutefois davantage fait parler d’elles en dehors de la route que sur le vélo.

Paul Seixas chez Q36.5?

Selon le journaliste Daniel Benson, Q36.5 aurait formulé une offre spectaculaire au prodige français Paul Seixas, 19 ans: 13 millions d’euros par an. Le prodige toucherait ainsi un salaire supérieur à celui du patron actuel du peloton, le Slovène Tadej Pogacar. En France, Paul Seixas est considéré comme le grand espoir national, celui qui pourrait enfin succéder à Bernard Hinault, dernier vainqueur français du Tour de France en 1985.

«Peut-être gagnera-t-il le Tour dès cette année», lance Michael Storer, grimpeur de l’équipe Tudor. «Ou peut-être qu’il n’ira même pas jusqu’à Paris.» Cette saison, Paul Seixas a remporté le Tour du Pays basque et la Flèche wallonne, mais il a aussi connu plusieurs chutes.

Q36.5 joue donc son va-tout: soit l’équipe met la main sur le futur patron du peloton, soit elle investit des millions dans un coureur qui ne répondra jamais aux immenses attentes placées en lui. Un risque que son propriétaire, le milliardaire Ivan Glasenberg, peut se permettre de prendre.

Tudor pour l’avenir du cyclisme suisse

Tudor a choisi une stratégie différente. L’équipe de Fabian Cancellara privilégie un développement à long terme plutôt que des paris à plusieurs millions. Huit Suisses figurent dans son effectif, auquel s’ajoute une équipe de développement issue de sa propre filière.

«Nous espérons voir de nombreux Suisses revenir au plus haut niveau», explique le directeur général Raphael Meyer. Il refuse toutefois de se lancer dans la course aux talents toujours plus jeunes. «Chez nous, chacun bénéficie du temps dont il a besoin.» Tudor n’en reste pas moins soumise aux exigences du cyclisme professionnel. Les victoires et les points UCI sont indispensables à la pérennité d’une équipe. Le simple label «Swissness» ne suffit pas.

La formation reste néanmoins fidèle à sa philosophie. Un nouveau centre de performance, d’un coût d’environ 18 millions de francs, est actuellement en construction à Sursee. Il sera accessible aux professionnels, aux jeunes talents ainsi qu’aux cyclistes amateurs. «Nous voulons redonner un nouvel élan au cyclisme suisse, non pas pour quelques années, mais pour plusieurs décennies», affirme Raphael Meyer. Son inauguration est prévue au printemps prochain.

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