«C'était un peu le bordel»
Malgré une concurrente en retard, Angelica Moser n'a pas tremblé

Sacrée à Birmingham, Angelica Moser a conservé son titre européen à la perche après un concours maîtrisé. La Jurassienne d'adoption revient sur cette soirée qui a débuté par… un retard. Interview.
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Angelica Moser a conservé sa couronne au saut à la perche.
Photo: Getty Images
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Matthias DavetJournaliste Blick

Toujours plus haute, toujours plus forte. Angelica Moser a bien résumé les deux tiers de la devise olympique ce jeudi, lors des Championnats d'Europe d'athlétisme. À Birmingham, la Zurichoise établie dans le Jura a conservé sa couronne acquise deux ans plus tôt à Rome, et est ainsi devenue double championne d'Europe.

Forcément, le sourire était de mise en zone mixte, médaille autour du cou. Pourtant, les conditions de ce concours à la perche n'ont de loin pas été faciles pour le mental. Interview à chaud.

Angelica, quelle saveur a cette médaille d'or pour toi?
C'est incroyable, je suis trop contente. C'était un concours super cool, mais pas mal stressant. Ça fait plaisir de pouvoir sauter comme ça et de franchir presque toutes les barres au premier essai. C'était juste incroyable.

Oui, c'était un concours quasi parfait. As-tu eu la sensation de retrouver ton tout meilleur niveau?
Je pense que je pourrais encore sauter un peu plus haut. Mais pour le moment, je suis juste super contente. Il y avait aussi beaucoup d'émotion une fois que j'ai su que j'avais gagné. Ici, l'objectif était juste de gagner, ce n'est pas vraiment la hauteur qui compte.

Une fois le titre en poche, as-tu hésité à continuer le concours ou t'es-tu dit qu'il valait mieux t'arrêter?
Je me disais que j'allais continuer à sauter parce que c'est une bonne opportunité. Je sais que je suis en forme, donc ça vaut la peine de faire des essais pour préparer de futurs concours.

As-tu été déstabilisée par le fait que le concours a commencé avec 30 minutes de retard?
Non, pas trop. C'était un peu le bordel. On était presque toutes à l'heure, sauf une athlète qui était coincée dans un car à cause d'un feu ou un truc du genre. On ne savait pas trop. C'est pour cela qu'ils ont décalé le début d'une demi-heure. Il ne faut pas trop se laisser perturber par ça et simplement essayer de rester concentrée. De toute façon, les concours de perche prennent toujours du temps.

Qu'as-tu pensé lorsque la Finlandaise Wilma Heltelä a passé son premier saut à 4m75?
Je savais qu'elle était capable de le faire car elle a déjà sauté 4m85 cette saison. C'est aussi une sauteuse de grand championnat qui performe toujours bien dans ces occasions. Je savais qu'elle en était capable, mais c'est vrai que ça met de la pression quand les concurrentes franchissent la barre au premier essai et que tu es presque obligée de faire de même. Mais c'est une source de motivation.

Avec le retard, tu étais toute seule dans le stade à la fin du concours. Il n'y avait plus personne autour à part toi et les autres perchistes. C'était un peu particulier?
Je n'avais même pas remarqué qu'il n'y avait plus personne (rires)! J'étais tellement concentrée sur ce que je faisais que je n'ai rien réalisé. Finalement, j'ai vu après notre concours qu'on était seule. C'était un peu bizarre, mais c'était cool.

Où places-tu ce titre dans ton palmarès? A-t-il encore plus de saveur qu'à Rome, au vu des difficultés traversées depuis?
Oui et non. Rome, c'était la première médaille et le premier titre en extérieur. Là, c'est un doublé, donc c'est incroyable de réaliser ça. Le rêve était de réussir cet enchaînement, c'est vraiment incroyable.


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