«Je suis là pour gagner!», a lancé Timothé Mumenthaler à l'interview sur les chaînes de la télévision nationale, en répondant à la question sur ses ambitions pour la finale de vendredi soir.
Le Genevois n'avait pas brillé sur 100 m en début de semaine mais il a vite remis les choses au point, jeudi. Auteur d'un virage exceptionnel, il a tenu le rythme du favori britannique Zharnel Hughes pour pulvériser de 19 centièmes son record. Tout en se relâchant dans les 15 derniers mètres, lançant des coups d'œil sur sa droite et sur sa gauche, semblant même défier du regard Hughes, et réciproquement. «C'est en finale que ça se joue, pas en demies», a-t-il dit au sujet de son relâchement sur la fin.
Il a réalisé le 4e chrono des demi-finales, dominées par l'Allemand Owen Ansah (20''04), Zharnel Hughes (20''05) et l'Italien Eseosa Desalu (20''08).
Mumenthaler (23 ans) est apparu encore en bien meilleure forme que lors de la conquête de son titre européen en 2024 à Rome, où il s'était très soudainement propulsé sous les feux de la rampe.
Nouveau départ
Les mois suivants, ainsi que la saison 2025, ont été délicats pour lui, entre pépins physiques et la pression due à son nouveau statut. Fin 2025, pour mieux repartir et s'ouvrir de nouveaux horizons, le Genevois a mis le cap sur Padoue, en Italie, où il a rejoint un groupe international de sprinters sous la conduite du coach italien Marco Airale.
«Je m'entraîne deux fois plus qu'avant», avait-il confié ce printemps. Le début de saison avait été moyen mais son pic de forme a visiblement été parfaitement planifié.
Il y aura deux Suisses en finale puisque William Reais s'est lui qualifié, de justesse, en arrachant la 2e place de sa demie en 20''35 (7e temps). Le champion de Suisse, médaillé de bronze en 2024 à Rome, a été moins impressionnant que son compatriote mais il a fait preuve de combativité. Il sera outsider vendredi, tandis que tout paraît possible pour Mumenthaler.