Pierre Biege (33 ans) n’a pas atteint son objectif au «Last Soul Ultra». Le Valaisan a dû abandonner cette épreuve d’ultra-endurance après un peu plus de 221 kilomètres, loin des quelque 503 kilomètres qu’il espérait parcourir.
Depuis vendredi, à 14 heures, 160 hommes et femmes couraient en boucle aussi longtemps que possible dans le Münsterland, dans l’ouest de l’Allemagne. Le principe était aussi simple qu’impitoyable: chaque heure, il fallait boucler un tour de 6,7 kilomètres. Celui ou celle qui n’y parvenait pas dans le temps imparti était éliminé.
Après avoir tenu 40 tours (268 kilomètres) l’an dernier, Biege voulait cette fois franchir la barre des 75 tours et ainsi battre le record suisse, établi à 62 tours. Mais le Valaisan n’est pas allé jusque-là. Après 33 tours, il a dû jeter l’éponge.
Le vainqueur, l’Américain Mark Dowdle, a lui parcouru 94 tours, soit 630 kilomètres, en 81 heures. Chez les femmes, Caroline Maria Bolte s’est imposée avec 52 tours, soit 348 kilomètres.
«Aujourd’hui, c’est une très bonne journée»
Père de trois enfants, Pierre Biege ne garde pourtant aucune amertume de son abandon. Bien au contraire. «Aujourd’hui, c’est une très bonne journée», explique-t-il lundi, près de 48 heures après la course, dans une vidéo publiée sur Instagram.
La raison? «J’étais aujourd’hui à la rentrée scolaire de mes enfants, je suis donc rentré chez moi à l’heure hier soir.» Une chose qui n’aurait évidemment pas été possible s’il avait poursuivi son effort jusqu’à lundi, comme il l’avait initialement prévu.
Et physiquement, le Valaisan s’en sort très bien. Il ne souffre d’aucune douleur et assure avoir parcouru ces plus de 200 kilomètres sans la moindre gêne. «Je n’ai jamais couru avec une technique aussi impeccable. C’était parfait.»
Alors pourquoi a-t-il finalement renoncé? Tout simplement parce que la fatigue a fini par peser.
«Quand je regarde mes statistiques de sommeil des six à sept dernières semaines, quand je pense à ce qui se passe mentalement dans ma vie en ce moment – avec mon licenciement, la famille, la santé mentale –, j’ai tout simplement beaucoup de chantiers en cours qui ne m’ont peut-être pas permis d’aller aussi loin que mon potentiel physique l’aurait permis.»
Mais pour Pierre Biege, le plus important est ailleurs. «L’essentiel, c’est que je sois sorti de cette compétition en bonne santé, heureux et en paix.»