Selon les experts de la Task Force
Le «Freedom Day» n'est pas pour tout de suite en Suisse

L’USAM, les fitness, GastroSuisse et des politiciens de droite ont à nouveau réclamé mardi un «Freedom Day» qui marquerait la fin des mesures contre le Covid-19. Les experts de la Confédération désapprouvent une telle requête.
Bientôt un «Freedom Day» en Suisse? Pas selon les experts de la Confédération.
Photo: keystone-sda.ch

«Nous exigeons la levée immédiate de toutes les mesures contre le Covid.» Une alliance qui se regroupe autour de l’Union des arts et métiers en a assez. Le directeur de l’USAM Hans-Ulrich Bigler a exigé un assouplissement car «de nombreuses branches ainsi que la population souffrent énormément». Comme la situation dans les hôpitaux semble s’être stabilisée, les mesures sanitaires ne seraient plus nécessaires, estiment les associations.

«Faites comme l’Angleterre, par exemple», a lancé le président de Gastrosuisse Casimir Platzer à l’adresse du Conseil fédéral. «Notre pays aussi a besoin d’un Freedom Day!» Selon lui, les mesures devraient être levées au plus tard le 2 février, la date à laquelle les conseillers fédéraux se pencheront à nouveau sur la question.

«Cela équivaudrait à une balle dans le pied»

Les experts de la Confédération ne font pas mystère de ce qu’ils pensent de telles exigences: «D’un point de vue scientifique, ce ne serait pas une stratégie intelligente – même pour les branches qui l’exigent, a averti Urs Karrer, de la Task Force scientifique. Sur le plan économique, cela équivaudrait à une balle dans le pied.» En effet, à l’heure actuelle, l’économie résiste bien à la vague Omicron, comme l’a souligné Jan-Egbert Sturm, membre de la Task Force et professeur à l’EPF de Zurich. Selon lui, les pertes de chiffre d’affaires restent limitées, à hauteur de 1% en moyenne. «Sans les mesures actuelles, la situation serait bien pire», est-il convaincu.

Par ailleurs, le pic de la vague Omicron ne semble pas encore atteint. Mardi, la Confédération a recensé 36’658 cas, soit le plus grand nombre jamais enregistré un mardi. Le taux élevé de tests positifs indique un nombre encore plus élevé de cas non déclarés. Patrick Mathys, de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), estime qu’environ 100’000 personnes sont contaminées chaque jour dans tout le pays.

Encore un peu de patience

La France ou le Brésil annoncent également ces jours-ci de nouveaux records. Un aplatissement de la courbe n’est pas en vue dans de la majorité des endroits. Toutefois, le nombre d’hospitalisations diminue – la Task Force rappelle une fois de plus qu’il y a des retards de déclaration. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) fait néanmoins preuve d’un optimisme prudent. Elle estime qu’une fin de la pandémie est possible après la vague Omicron. C’est ce que suggère l’évolution dans les pays qui ont été touchés tôt par le variant. Les chiffres baissent nettement en Afrique du Sud et en Grande-Bretagne. Les Britanniques suppriment déjà progressivement les obligations du port de masque, du certificat sanitaire et du travail à domicile.

Nous n’en sommes pas encore là en Suisse. Si nous supprimions maintenant toutes les mesures, nous assisterions encore à une nette augmentation du nombre de cas, a averti la Task Force. «Nous causerions inutilement des dommages supplémentaires si nous laissions le virus se transmettre librement», a complété Urs Karrer. «Il faut encore un peu de patience, enjoint Patrick Mathys. Cela fait maintenant deux ans que nous sommes dans la pandémie. Il serait dommage de tout gâcher pour deux ou trois semaines.»

(Adaptation par Jessica Chautems)

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