Campagne électrique sur l'AVS
Accusés de «mensonges», les syndicats répliquent par la provocation!

La campagne de votation sur l'AVS devient toujours plus électrique. Alors que la droite appelait la gauche à être plus factuelle et plus fair-play, les syndicats répondent aux accusations de «mensonges» de la droite par une nouvelle provocation.
Publié: 09.09.2022 à 10:36 heures
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Dernière mise à jour: 09.09.2022 à 12:22 heures
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«Faites ce que je dis, pas ce que je fais»: le reproche de la gauche aux patrons et anciens élus.
Ruedi Studer

À un peu plus de deux semaines du scrutin sur la réforme de l'AVS, les nerfs sont à vif. Et c'est peu de l'écrire! Des représentants des partis bourgeois et de l'économie ont rédigé une lettre ouverte pour accuser les syndicats de «mensonges» dans cette campagne. Ils appellent à davantage d'objectivité.

Mais ce n'est pas du tout dans les plans de la gauche, syndicats en tête. Dans une nouvelle vidéo, ils s'en prennent aux managers et aux hauts salaires. Leur argumentaire: alors que le lobby des assureurs et des banquiers veut faire travailler la population toujours plus longtemps, les managers et conseillers fédéraux prennent une retraite anticipé ou travaillent moins dès qu'ils le souhaitent.

Ex-conseillers fédéraux dans le viseur

Dans ce clip diffusé sur les réseaux sociaux, les syndicats n'hésitent pas à faire des attaques ad personam. Ainsi, toutes les personnalités qui se sont engagées en faveur de la réforme de l'AVS sont pris pour cible: le président du conseil d'administration de Swiss Life, Rolf Dörig, est qualifié d'hypocrite parce qu'il a réduit son temps de travail à 63 ans.

Il en va de même pour les anciens conseillers fédéraux Eveline Widmer-Schlumpf et Adolf Ogi (aujourd'hui 66 ans et 80 ans), qui auraient déjà perçu à 59 ans une rente de vieillesse d'une modique somme de 224'000 francs par an, soit un demi-salaire de conseiller fédéral.

Ce que les syndicats ne disent pas, c'est que les personnes visées n'ont pas pris une retraite de facto. Eveline Widmer-Schlumpf est présidente de Pro Senectute, tandis qu'Adolf Ogi a longtemps été conseiller spécial de l'ONU pour le sport et a présidé l'Aide suisse aux montagnards (liste non-exhaustive).

La retraite anticipée, privilège de riches

Mais ce que les syndicats veulent souligner avec cette vidéo, c'est que dans de nombreuses branches, tout le monde ne doit pas forcément travailler jusqu'à 65 ans, comme l'a récemment montré Blick dans une enquête.

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En moyenne, les collaborateurs des banques et des assurances partent en moyenne à la retraite dès 62 ans. Les fonctionnaires aussi vivent leur dernier jour de travail bien avant 65 ans. «Les retraites anticipées sont en Suisse un privilège des riches», résume l'Union syndicale suisse.

Et de poursuivre: «Les salariés à bas et moyens revenus, eux, n'ont en revanche pas d'autre choix que de travailler jusqu'à l'âge normal de la retraite et de s'en sortir ensuite avec des rentes peu élevées.» À noter, comme l'enquête de Blick l'a montré, qu'il existe également d'autres retraites anticipées au sein des bas revenus — celles contraintes par des motifs de santé ou en raison d'une invalidité.

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