Venezuela: l'opposition appelle à des élections pour pallier la vacance du poste de président depuis la capture de Maduro
L'opposition au Venezuela a appelé vendredi à la tenue d'élections présidentielles, pour pallier la vacance du poste de président depuis la capture par les forces américaines de Nicolas Maduro.
«Plus de 90 jours se sont écoulés depuis la destitution de Maduro, délai fixé par l'article 234 de la Constitution pour que l'Assemblée nationale se penche sur ce que tout le pays et la communauté internationale démocratique savent et constatent: l'existence d'une vacance totale à la présidence de la République», a écrit dans un communiqué le parti Vente de la leader de l'opposition et lauréate du prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado.
«Des élections présidentielles doivent être convoquées dans les 30 jours», est-il ajouté.
Cependant, selon le texte de la Loi fondamentale, l'Assemblée nationale peut proroger de 90 jours supplémentaires le mandat de la président par intérim, Delcy Rodriguez.
Vice-présidente de M. Maduro, Mme Rodriguez a été investie présidente par intérim le 5 janvier, deux jours après la capture du dirigeant déchu.
«Si une absence temporaire se prolonge au-delà de 90 jours consécutifs, l'Assemblée nationale décidera à la majorité de ses membres s'il y a lieu de considérer qu'il s'agit d'une absence totale», stipule l'article 234 de la Constitution.
- «Confiance» -
Cette Assemblée, aux mains du parti au pouvoir, n'a jusqu'alors jamais évoqué de vacance de pouvoir ni l'éventualité d'élections.
Pas plus que les Etats-Unis, qui de la voix de son président Donald Trump affirment contrôler le pays.
Et ce même si dans un entretien en février avec la chaîne américaine NBC, Mme Rodriguez avait dit s'engager à organiser des élections libres.
«Hier, dans les rues de Caracas, il a été démontré une fois de plus que la transition vers la démocratie est urgente, IMPROROGEABLE», a écrit vendredi sur X Maria Corina Machado, faisant référence à une manifestation pour des hausses de salaires qui a rassemblé jeudi plus de 2.000 personnes à Caracas et qui a été dispersée par la police à coups de gaz lacrymogènes.
Le politologue Nicmer Evans, membre de l'ONG Centre d'études stratégiques Démocratie et Inclusion (CEEDI), estime que les Vénézuéliens aspirent à un «processus électoral qui puisse être le plus immédiat possible».
M. Evans, un dissident du chavisme (doctrine héritée de l'ex-président socialiste Hugo Chavez dont M. Maduro a été le successeur), considère que «du point de vue constitutionnel, à partir du mois de juin, il devrait commencer à courir un délai de 30 jours pour la tenue de l'élection» présidentielle.
Récemment libéré de prison, il juge toutefois qu'une «épuration» du système de contrôle électoral doit d'abord avoir lieu, en référence à la présidentielle de 2024 que l'opposition estime avoir gagnée, alors que l'autorité électorale avait proclamé M. Maduro vainqueur.
«Cela signifie qu'à la fin de cette année ou, au plus tard, au début de l'année 2027, il pourrait se dérouler un processus électoral qui inspire confiance aux secteurs sociaux et politiques et qui soit en outre supervisé par des instances internationales», souligne-t-il.
mbj-bc/lab/def