Le Venezuela a vu son inflation s'envoler à 475% en 2025, une forte accélération par rapport aux 48% de l'année précédente, selon la première publication officielle de cet indicateur depuis plus d'un an, par la Banque centrale (BCV) vendredi. L'économie vénézuélienne a pâti en 2025 des effets du durcissement des sanctions américaines. La BCV, qui publie des statistiques de manière irrégulière, n'avait plus actualisé ses chiffres sur l'inflation depuis novembre 2024.
Washington a commencé à lever progressivement ses sanctions à l'égard de Caracas, après la capture le 3 janvier par les forces américaines du président Nicolas Maduro, à qui sa vice-présidente Delcy Rodriguez a succédé.
Les sanctions des Etats-Unis ont notamment restreint le flux de devises, ce qui a fini par pousser à la hausse les prix des biens et services en 2025.
Au seuil d'une hyperinflation
En fin d'année dernière, des économistes estimaient que le Venezuela se trouvait au seuil d'une hyperinflation, épisode que le pays caribéen avait déjà connu entre 2017 et 2022. Le Venezuela enregistre par ailleurs une inflation cumulée de près de 52% sur les deux premiers mois de 2026, selon la Banque centrale.
Mercredi, l'institution a annoncé que le pays avait enregistré une croissance économique de près de 9% en 2025, en soulignant le rôle joué par le secteur pétrolier malgré l'embargo américain, désormais assoupli.
Devenue présidente par intérim, Mme Rodriguez s'est lancée dans une série de réformes appuyées par Washington. Elle a opéré une réforme de la loi sur les hydrocarbures ouvrant le secteur au privé, promulgué une amnistie devant permettre la libération de tous les prisonniers politiques, ou encore promis une réforme judiciaire ainsi qu'une réforme du code minier.