Le pouvoir vénézuélien et l'opposition ont entamé jeudi à Caracas, sous la houlette des Etats-Unis, un dialogue que beaucoup espèrent voir déboucher sur une transition politique et des élections. La cheffe de l'opposition Maria Corina Machado, en exil, n'y participe pas. Ce processus commence sept mois après la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par l'armée américaine, tandis que la cheffe de l'Etat par intérim, l'ancienne vice-présidente Delcy Rodriguez, gouverne depuis sous la forte pression de Washington.
Selon l'agenda officiel publié par les deux parties, les sujets abordés seront la réponse au double séisme du 24 juin qui a fait plus de 6000 morts, le renforcement de la démocratie, ainsi que les droits et garanties politiques. Le chef des négociateurs du pouvoir est Jorge Rodriguez, le président de l'Assemblée nationale et frère de Delcy Rodriguez. La cheffe de la délégation de l'opposition est Dinorah Figuera, peu connue au Venezuela.
«Réinstaurer la démocratie»
Cette ancienne députée vivant en exil était à la tête du groupe parlementaire de l'opposition qui avait remporté la majorité des sièges à l'Assemblée nationale en 2015, à l'issue d'un scrutin dont les résultats avaient été rejetés par Maduro. Arrivée mercredi au Venezuela, elle a affirmé à la chaîne de télévision Televen que le «dialogue vise à réinstaurer la démocratie».
«Ces pourparlers directs constituent une occasion unique [...] Les Etats-Unis restent déterminés à soutenir ce processus mené par le Venezuela», a déclaré jeudi le département américain d'Etat dans un communiqué. Le texte rappelle le leitmotiv américain sur le Venezuela: «stabilisation, reprise économique et réconciliation politique», dans cet ordre.
Le président américain Donald Trump a exprimé à maintes reprises sa satisfaction à l'égard du travail de Delcy Rodriguez. Bien que les autorités américaines le nient, de nombreux observateurs estiment qu'il y a un veto américain au retour de Maria Corina Machado. Cette dernière, qui avait dit qu'elle ne s'opposerait pas à ce dialogue, a exprimé jeudi son soutien à la récente résolution bipartisane impulsée par le sénateur républicain Ted Cruz au Sénat américain, visant à soutenir des «élections libres et équitables au Venezuela».
Supervision américaine
«Une transition démocratique au Venezuela rétablira notre liberté et notre prospérité, tout en créant un allié vital et fiable pour la sécurité nationale des Etats-Unis et la stabilité régionale», a dit Maria Corina Machado dans un message diffusé sur le réseau social X. «Le peuple vénézuélien est impatient et prêt».
Juan Pablo Guanipa, une des figures de l'opposition et proche de Machado, a exprimé sa confiance, estimant que la supervision américaine donne de la crédibilité au processus. «Cette fois, il existe véritablement un garant qui assure que le chavisme [doctrine du pouvoir d'inspiration socialiste du feu président Hugo Chávez, ndlr] tiendra parole. Nous espérons que le Venezuela parviendra au plus vite à la libération de tous les prisonniers politiques, à la mise en place de nouveaux pouvoirs publics et à un calendrier électoral incluant l'élection présidentielle», a-t-il indiqué dans un message sur le réseau social X.