«La CIA et le FBI nous ont aidés»
Au Venezuela, un raid contre contre la guérilla ELN fait au moins 19 morts

Au moins 19 personnes ont été tuées le 30 octobre dans le bombardement par l’armée vénézuélienne d’un camp de l’Armée de libération nationale, dans l’État d’Apure. Une source militaire affirme que Washington a fourni du renseignement.
Un militaire anonyme a déclaré que l'attaque du 30 octobre a été menée avec l'aide des Etats-Unis.
Photo: AP Photo/Fernando Vergara
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AFP Agence France-Presse

Au moins 19 personnes ont été tuées dans le bombardement par l'armée vénézuélienne d'un camp de la guérilla colombienne ELN (Armée de libération nationale) en territoire vénézuélien, ont indiqué dimanche des sources proches de l'opération, dont un militaire de haut rang selon qui l'attaque a été menée avec l'aide des États-Unis.

L'organisation non-gouvernementale Fundaredes, présente dans le secteur, et des habitants de l'État d'Apure, où a eu lieu l'attaque, ont compté un total de 19 corps transportés à San Fernando, la capitale de l'État.

Le bombardement a frappé le 30 octobre un camp de l'ELN dans le secteur de Buena Vista del Meta, dans le sud-ouest de l'État d'Apure, très près de la frontière colombienne.

Selon une source militaire vénézuélienne, des drones et des hélicoptères ont survolé le secteur à l'aube et largué des bombes sur le campement, situé dans une région boisée à l'écart des zones habitées et adjacente à la frontière.

Cette source a affirmé que les guérilleros avaient été pris par surprise, et que l'armée vénézuélienne avait compté avec l'appui des États-Unis. «Des gens de la CIA et du FBI nous ont aidés. C'était un ordre des États-Unis», a déclaré sous couvert d'anonymat cet officier supérieur proche de l'opération.

Selon lui, l'attaque était planifiée depuis un mois et Washington a contribué en fournissant du renseignement. «Nous allons continuer à ratisser le secteur, car nous pensons qu'il y a d'autres camps», a-t-il ajouté.

Il a affirmé que la majorité des personnes tuées, parmi lesquelles se trouvait une femme, étaient des Vénézuéliens, mais que les militaires ont aussi identifié deux Dominicains. Sollicitées par l'AFP, les autorités vénézuéliennes n'ont pas réagi dans l'immédiat.

Narcotrafic et mines illégales

L'ELN et d'autres groupes armés colombiens sont actifs le long des 2.219 km de frontière entre la Colombie et le Venezuela, comme des factions dissidentes de l'ex?guérilla des FARC, qui s'affrontent entre elles pour les importants revenus du narcotrafic et de l'extraction minière illégale.

Bogotá a longtemps accusé les autorités vénézuéliennes d'héberger les forces illégales qui opèrent en Colombie. Les éleveurs de l'Apure accusent depuis des années la guérilla colombienne de s'approprier des exploitations agricoles, de pratiquer extorsion et vols, et de forcer le déplacement de populations indigènes.

L'ELN (Armée de libération nationale), la guérilla la plus ancienne d'Amérique latine avec plus de six décennies d'activité, a mené des négociations de paix avec le précédent gouvernement colombien de gauche de Gustavo Petro, sans parvenir à un accord.

Avec le soutien des États-Unis, le nouveau président colombien de droite, Abelardo De la Espriella, a lancé depuis son arrivée au pouvoir en août une offensive militaire d'envergure contre les groupes armés.

Le Venezuela s'est également aligné sur les intérêts de Washington après le renversement et la capture du président Nicolás Maduro lors d'une opération américaine en janvier.

Le bombardement de vendredi illustre un «changement de doctrine» de la part de Caracas concernant la guérilla colombienne, a estimé la militante des droits humains et experte en questions militaires Rocío San Miguel.

Fin septembre, un affrontement entre l'ELN et des membres de la Garde nationale vénézuélienne avait déjà fait un mort et au moins cinq blessés près de la ville frontalière de Junin, dans l'État de Tachira.

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