Un accord qui inquiète Washington
Trump veut faire taire 2 millions de fonctionnaires pour protéger ses secrets

Trump veut étendre les accords de confidentialité aux fonctionnaires fédéraux. Officiellement volontaire, le texte pourrait coûter leur poste à ceux qui refusent de signer.
Donald Trump met un accord de confidentialité strict sur la table du gouvernement.
Photo: keystone-sda.ch
Léa Perrin - Journaliste Blick
Léa PerrinJournaliste Blick

L'administration Trump veut museler ses fonctionnaires en renforçant le contrôle des informations sensibles au sein du gouvernement. Selon un projet publié par l'Office américain de gestion du personnel (OPM), les employés fédéraux pourraient devoir signer un accord de non-divulgation couvrant un large éventail d'«informations gouvernementales confidentielles», rapporte le «Washington Post» ce mardi 26 mai.

Le texte va au-delà des catégories classiques d'informations classifiées. Il viserait aussi des documents non publics, sensibles, préparatoires ou encore liés à des décisions en cours. Les agences fédérales resteraient théoriquement libres d'adopter ou non cet accord.

Des fuites «dangereuses»

L'OPM justifie cette mesure par plusieurs fuites jugées sensibles. Elle cite notamment des révélations faites au «New York Times» et au «Washington Post» sur le raid américain au Venezuela en janvier, qui aurait mené à la capture de Nicolás Maduro. Selon l'administration, ces fuites auraient «mis des militaires en danger». 

Officiellement, la signature de cet accord serait «volontaire». Mais le projet précise qu'un refus pourrait entraîner une révocation de la fonction publique fédérale, voire une exclusion. Le directeur de l'OPM, Scott Kupor, défend la mesure en comparant le gouvernement au secteur privé, où les employés manipulant des informations sensibles signent souvent des clauses de confidentialité. En clair, ceux qui ne signent pas pourraient être renvoyés.

Pratique habituelle de Trump

Cette initiative s'inscrit dans une longue pratique de Donald Trump, qui a souvent utilisé les accords de confidentialité contre ses critiques, avant comme pendant ses mandats présidentiels. Son administration y a déjà eu recours dans plusieurs départements, notamment au Pentagone et au ministère des Anciens Combattants, pour limiter les fuites et contrôler certaines informations internes.

Le dispositif reste toutefois encadré par la loi. Les accords de confidentialité ne peuvent pas empêcher les lanceurs d'alerte de signaler des fraudes, des abus ou des gaspillages. Le projet prévoit d'ailleurs une exception pour ces protections légales. Une limite importante est aussi relevée: la mesure ne concernerait pas les entreprises sous contrat avec le gouvernement fédéral, alors même que certains sous-traitants ont été à l'origine de fuites majeures. 

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