Perché sur la colline athénienne de la Pnyx, avec l'Acropole en arrière-plan, Marco Rubio a transmis une allocution surprenante mercredi soir. Avec un discours MAGA enflammé qu'il a tenté de sortir de ses frontières, le secrétaire d'Etat américain a relancé les spéculations sur une éventuelle candidature à la présidentielle de 2028.
Entouré d'un décor dramatique, le chef de la diplomatie américaine a sorti les grands noms pour appuyer son propos: Galilée, Copernic, Newton. Il a exhorté les Américains à s'inspirer de leur héritage intellectuel afin d'élever «la moyenne, l'ordinaire, le médiocre». Tournant le dos à l'agora grecque, Marco Rubio a également mentionné les hommes de la Grèce antique dont «nous avons encore beaucoup à apprendre», a-t-il lancé. «Ils savaient qu'il n'y avait rien d'égoïste ni de mal à être loyal envers sa nation, et à se battre pour défendre ses intérêts avant tout.»
Vers une candidature?
Dans ce speech sur les vertus de la civilisation occidentale, le républicain a taclé les excès du libéralisme, l'islam politique et le prétendu déclin de l'Europe dû à l'immigration de masse. Selon le «Washington Post», les ambitions du secrétaire d'Etat américain seraient plus grandes que ce qu'il veut bien laisser paraître.
Ce discours serait davantage digne d'un prétendant cherchant à hériter du mouvement MAGA de Trump que d'un ministre qui veut s'effacer de la liste présidentielle, alors même que J.D. Vance dessine déjà les prémices de sa future candidature. Le vice-président étant en position de force, la candidature éventuelle de Rubio semble à ce stade compromise pour 2028.
Selon CNN, ce discours qualifié de «discordant et contradictoire», révèle une autre interprétation possible: une nouvelle tentative de donner, après coup, une cohérence doctrinale à la politique étrangère erratique de Trump, entre décisions instinctives comme la guerre contre l’Iran, prises de pouvoir et approche transactionnelle des ressources.
Scandale sur l'ambassadrice
En parallèle, un scandale a ébranlé l'apparition de Rubio sur la scène grecque. Quelques heures avant, le «Wall Street Journal» révélait que l'ambassadrice américaine en Grèce, Kimberly Guilfoyle, aurait incité un donateur de Trump à l'aider à effacer une dette de 100'000 dollars, peu avant d'être confirmée au poste.
Interrogé à Athènes sur ces allégations, le secrétaire d'Etat n'a pas réagi. «Je ne vais pas commenter une histoire qui a littéralement été publiée il y a quelques heures», a déclaré le chef de la diplomatie américaine en pleine tournée européenne, passant également par l'Islande et le Portugal.